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« La cour de Babel », diffusion La Bobine

Une soirée spéciale ce lundi 14 avril au cinéma Axel de Chalon, dans le cadre de la semaine de l’égalité hommes-femmes. L’association la Bobine a diffusé « La cour de Babel », film documentaire de Julie Bertuccelli, en présence du producteur Johan Broutin et des collégiens « acteurs » Andromeda et Eduardo.

Voir : Article Présentation Semaine égalité hommes-femmes

Un succès : 200 spectateurs présents pour cette diffusion ! La cour de 2Babel se déroule dans une classe d’accueil*, d’un collège parisien, La Grange aux Belles, dans le 10e arrondissement. Les 24 élèves, entre 11 et 15 ans, issus de pays différents (Brésil, Sri Lanka, Croatie…) apprennent le français avec leur professeure Brigitte Cervoni. La classe reflète le monde en miniature, le monde comme il devrait être, où chacun est égal à l’autre, où la diversité est une richesse. Brigitte Cervoni sait les écouter, les recevoir…eux, et leurs proches. Une professeure idéale, ayant le sens de l’engagement et de la pédagogie, qui ne laisse jamais tomber ses élèves et les aide à régler leurs problèmes, un personnage touchant.

Un monde miniature… dans une classe

1Ce premier documentaire de Julie Bertuccelli est sorti sur grand écran en mars 2014. Pendant un an (2011-2012), la réalisatrice a filmé ces jeunes (2 fois/semaine, avec une seule caméra), dans leurs joies, leurs peines, leurs échanges et conflits au sein de leur classe d’accueil. Un seul désir les anime : changer de vie. Pour cela, ils remettent en cause de nombreuses idées préconçues sur la jeunesse et l’intégration… et font espérer en l’avenir !

Andromeda (Roumanie) et Eduardo (Brésil) étaient présents, ce lundi soir. Ce sont deux collégiens de la classe d’accueil, filmés par Julie. Ils sont aujourd’hui élèves en 1re STL à l’école nationale de chimie physique biologie. Andromeda confie : « On avait besoin d’être dans cette classe, car on ne parlait pas français. La classe nous a rapprochées, on était tous différents, mais on était tous comme frères et sœurs ».

Eduardo ajoute : « On ne se sentait jamais seul ou différent (c’est important quand on n’a pas la même nationalité, on était tous dans le même cas) ».

‘Merci pour cette bulle d’air’, une spectatrice

Johan Broutin, Producteur exécutif du film (producteur des Films du 3Poisson), avait déjà produit 2 films de Julie : ‘Depuis qu’Otar est parti’ et ‘L’Arbre’. Il explique : « Au départ, on ne trouvait pas de financement, mais ayant déjà travaillé avec Julie, je l’ai suivi et je lui ai fait confiance. On a avancé l’argent. Ensuite Éric Lagesse nous a filé un coup de pouce, puis Arte est arrivé, il y a eu un engouement dans le financement du film ».

L’idée du film est assez originale, Johan explique : « Julie était invitée au festival de Chartres l’année précédent le tournage du film. Elle a rencontré, lors de l’ événement, Brigitte Cervoni et sa classe d’accueil. Elle a directement voulu faire un film sur ce sujet… Elle avait pour objectif de visiter plusieurs classes et faire un choix… mais après le visite de celle de Brigitte, et s’est dit qu’elle n’avait pas besoin d’aller ailleurs ! ».

Un film touchant, drôle et émouvant

Deux personnes étaient demandeuses d’asiles dans la classe. La vie antérieure de certains, n’était pas facile à entendre. Malgré la douleur du déracinement et les problèmes d’intégration, ils restent gais, vifs, drôles, dynamiques… Andromeda avoue : « Il y avait toujours de l’affection dans la classe. On rigolait, on pleurait. On a pleuré quand chacun a expliqué sa vie ».

Les élèves, une fois sortis de la classe d’accueil, ont été dispersés chacun dans leur lycée. Depuis la sortie du film, ils sont heureux de se retrouver et de revoir leur chère professeure.

*Les Classes d’accueil ont été créées en 2002 par l’éducation nationale. Elles regroupent des jeunes étrangers qui ne parlent pas français. Les cours de français sont plus intenses (6h par jour) que dans des classes ordinaires. Les élèves se regroupent par niveaux et âges pour intégrer des cours au sein de classes ordinaires.