L’Union européenne déménagée à Cluny pour deux jours «climatiques»

Le 18 et le 19 janvier 2008, la ville historique de Cluny a accueilli les rencontres de deux des institutions les plus importantes de l’Union européenne : le Parlement et le Conseil européens. La raison en était un séminaire d’introduction à la négociation européenne. Voulue par le directeur de l’ENSAM (Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Métiers, M. Jean Luc Delpeuch, cette manifestation a permis aux étudiants en master de Cluny, et aux « premières années » de Sciences Po Dijon, de mieux percevoir le rôle de chaque institution européenne. Découverte par un jeu de rôle des étudiants, pris très au sérieux.

Le 17 en fin d’après-midi, les étudiants de Sciences Po ont été accueillis à Cluny par les masteriens de l’ENSAM. Chacun d’entre eux avait antérieurement reçu deux rôles, le premier en tant que député du Parlement européen ayant une certaine nationalité et appartenant à un certain parti (PPE, PSE, ALDE, etc.), et le deuxième en tant que chef d’État, premier ministre, ministre des Affaires étrangères ou ambassadeur d’un des 27 pays membres de l’Union. Leur mission était de travailler pendant deux jours, d’abord en tant que Parlement et puis en tant que Conseil, pour l’adoption d’un projet de lutte contre le réchauffement climatique. Mission difficile, puisque chaque rôle demandait des connaissances sur les enjeux du réchauffement climatique, sur les positions des différents pays membres et sur leur degré et volonté de compris pour arriver à un accord. Mais, leurs devoirs bien faits, les étudiants et les masteriens se sont vite lancés dans les négociations et cela s’est concrétisé par deux jours de travail intense.
 
Le 18, la matinée a été consacrée à une réunion des commissions thématiques : Affaires étrangères,environnement, santé et commerce. Tous ont travaillé pour fournir à la commission du réchauffement climatique leurs observations concernant le projet qu’on leur avait présenté. Après de longues mais fructueuses discussions, la commission a finalisé la proposition, qui allait ensuite être présentée dans la séance plénière du Parlement et soumise au vote le soir même.
Résultat : dans une séance de plus de quatre heures, les députés fictifs ont choisi un président et un vice-président, ont amendé plus de quarante articles du projet sur le réchauffement climatique puis sont arrivés à un document qui prévoyait une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre, la mise en place d’une commission d’experts capable d’évaluer l’état du réchauffement climatique et de proposer des solutions pour porter remède à cette situation. D’autres propositions tout aussi concrètes furent acceptées par les élèves, malgré de vifs débats entre les élèves représentant les pays membres de l’UE.
 
Le bilan du travail de l’UE de Cluny est positif. Les étudiants ont apprécié l’opportunité de voir de plus près comment se prennent les décisions au sein de l’UE et estiment que cela leur a permis une meilleure compréhension du fonctionnement de l’Union. En même temps, la possibilité d’occuper une position active, de proposer et d’adopter des mesures concrètes et d’utiliser leurs habilités de négociateurs ont beaucoup plu aux jeunes, qui se sont déclarés satisfaits de leur travail. D’autre part, pour les organisateurs du séminaire, l’objectif a été atteint : les étudiants ayant eu l’occasion de mieux comprendre comment fonctionnent les mécanismes de l’UE.

Reste à savoir si le vrai projet de l’Union européenne, « paru » quelques jours après l’expérience de Cluny, sera vraiment efficace, tout en étant beaucoup moins ambitieux que celui du séminaire. Si tel n’est pas le cas, il y aura toujours le « projet Cluny »…