L’essentiel des huiles

1570 kg d’huiles essentielles de la Réunion sont exportés en métropole chaque année pour les marques de luxe françaises. Le marché ne cesse d’augmenter avec des produits pensés pour la vie quotidienne.

En plein milieu de la ville du Tampon, d’exquises odeurs se dégagent. Du géranium, des roses… Ces effluves proviennent de la Coopérative agricole des huiles essentielles Bourbon (Caheb), et plus particulièrement du jardin des senteurs qui porte très bien son nom. Les huiles essentielles Bourbon sont le fruit d’un travail de longue haleine, du moins pour ceux qui respectent encore les techniques traditionnelles. Des méthodes de plus en plus mises de coté à cause de la demande toujours plus forte. En préservant, en partie, le savoir-faire ancestral, les huiles essentielles Bourbon ont forgé une image de qualité en métropole.

Fabrication artisanale ?

Pour Marie-Rose Severin, présidente de la Caheb, l’huile essentielle Bourbon se résume en trois mots : « patrimoniale, identitaire et traditionnelle ». C’est dans cette optique de travail que les 120 adhérents de la Caheb fabriquent chaque année deux tonnes d’huiles essentielles en respectant ou non le procédé d’antan. « Le procédé moderne, sans feu de bois nous fait gagner beaucoup plus de temps que l’utilisation de la machine à bois. Nous n’avons pas de terrain plat sur l’île alors quand il fallait aller chercher le bois en bas, le remonter et voir qu’il dévalait parce qu’on l’avait mal attaché… », se souvient Laurent Janci, secrétaire de la coopérative.

Pour la fabrication, « c’est simple, il faut 500 kg de géranium pour produire un litre. Je vous laisse imaginer les heures de récolte que cela représente, surtout quand on ramasse les géraniums à la main », observe la présidente.  Pour fabriquer de l’huile essentielle, c’est (presque) simple. On utilise le principe de la distillation, ce procédé consiste à chauffer une grosse cuve contenant les feuilles de géranium (ou autre plantes) et grâce à la chaleur, et au phénomène de l’évaporation, on ne garde que la partie que l’on souhaite, une huile non grasse, avec une odeur très agréable.

Un marché en développement

La Caheb  est fièrede compter parmi ses clients de célèbres fabricants de parfums, parmi lesquels Christian Dior, Guerlain, Chanel ou Lacoste. Cependant, la coopérative a rénové son catalogue en proposant à la clientèle tout « une panoplie d’huiles médicales. Par exemple, la demande ne cesse de croître pour ces produits contre les moustiques », confie le secrétaire. Qui sait, peut-être que dans quelque mois sortira l’huile anti-H1N1. Autre succès : la Caheb propose à ses clients de façonner un parfum à leur image. Cependant, pour 10 ml de cette huile, décrite comme la meilleure du monde, il faut y mettre le prix. Un flacon coute 10 euros.