L’école à l’envers

Ecoles Steiner-Waldorf

Accueillir chaque enfant comme une personne unique : c’est le credo des écoles Steiner, qui développent une pédagogie complètement différente de celle en vigueur dans l’Éducation nationale. Dans le système Steiner, c’est l’école qui s’adapte à l’élève en fonction de son caractère, et non l’élève qui s’adapte à l’école.
En effet, le principe qui prévaut dans ces établissements est la nécessité d’établir une relation de confiance réciproque avec l’élève, pour lui permettre de développer ses capacités personnelles. Ainsi l’élève y entre en maternelle et y reste jusqu’au lycée. Mais le parcours est assez différent de celui d’un élève d’une école traditionnelle : il n’y a pas de sélection pour entrer en lycée, le jeune progresse à son rythme, ayant un lien très fort avec son professeur puisque celui-ci le suit souvent pendant plusieurs années. Le maître définit en effet pour chaque enfant le parcours qui lui convient le mieux, afin qu’il n’y ait ni niveaux, ni notes, ni élèves en échec, mais que chacun apprenne à son rythme, sans se sentir inférieur à l’autre.
L’école Steiner se donne trois objectifs : le respect du rythme de l’enfant, l’intégration sociale, en essayant de donner aux élèves une grande ouverture d’esprit avec les stages en entreprise dès le collège et l’accent mis sur respect de l’autre, et enfin l’ouverture sur le monde.
Il ne faudrait cependant pas croire que, parce qu’ils n’apprennent pas de la même façon, les « élèves Steiner » sont moins chanceux dans les études : les statistiques prouvent que les résultats sont aussi bons, voir meilleurs que ceux de l’Éducation nationale. Il faut cependant noter que les écoles Steiner sont privées, que la scolarité y coûte de 10 000 à 20 000 francs par an et que ce n’est donc pas dans les moyens de tout le monde.
On comprend mieux ainsi pourquoi les écoles Steiner peuvent afficher des statistiques favorables : les élèves qui, de par leur milieu social, seraient désavantagés, n’ont pas les moyens de s’offrir une telle école.
Autre bémol : le système n’est pas vraiment adapté aux élèves qui ont une grande soif de savoir et qui ont envie qu’on leur apporte des connaissances. En effet, le professeur ne donne pas réellement de cours et chaque élève apprend par lui-même, en réfléchissant au problème posé, le maître ne donnant pas la solution. Cela ouvre l’esprit mais certains seront vite découragés car ils veulent qu’on leur donne des réponses et non pas des questions.
Ainsi, il est certain que le principe des écoles Steiner conviendra beaucoup mieux à certains élèves…