Kemoi, et l’estampe devint bulle…

Tout commence par une visite. Celle de Gérald Gorridge au village de Dông Hô, hameau vietnamien abritant une solide tradition de l’estampe populaire vietnamienne.

Tout commence par une visite. Celle de Gérald Gorridge au village de Dông Hô, hameau vietnamien abritant une solide tradition de l’estampe populaire vietnamienne. L’idée de s’inspirer de l’imagerie populaire pour créer un nouveau genre germe dans la tête du professeur de bande dessinée d’Angoulême. « A l’issue d’une première master classe consacrée aux souvenirs d’enfance en novembre 1999, un programme a été construit à partir de cette production spécifique au Vietnam », raconte Gorridge, pour qui « l’ironie contenue dans certaines pièces fait déjà penser à la BD ». Soutenus par l’Espace-Centre culturel français, la région Poitou-Charentes, la ville d’Angoulême et l’AFAA, des ateliers en ont découlé en 2001, 2002 et 2003. Trois séries d’étudiants des Beaux-arts d’Hanoi se sont donc essayées à revisiter leur patrimoine par la bande dessinée. Accueillis dans les locaux des éditions Kim Dông, qui créent les premières collections « locales » de bande dessinée, ils ont pu laisser libre cours à leur créativité. En guise de guides, Gérald Gorridge bien sûr mais aussi Johanna Schipper et Thibaut Lenzinger, deux bédéistes formés à Angoulême. Quatre expositions – trois à Hanoi et une au festival de Hué – en ont résulté ainsi qu’un livre présentant l’évolution du travail sur les trois années. Entre la BD occidentale et le manga japonais, les toutes nouvelles bulles vietnamiennes ont trouvé leur voie.

Première génération