Holi : une explosion de couleurs

Pour les habitants de Mumbai, la fête du printemps est l’occasion de jouer à se jeter des poudres et des liquides multicolores. Les frontières disparaissent le temps de la fête : amis ou inconnus, tous les joueurs partagent un franc moment de camaraderie

Fête des couleurs, c'est HoliUne semaine avant Holi, les Mumbaikars préparent des réserves de ballons remplis d’eau colorée qu’ils jetteront au premier venu. La veille, « on fait du feu avec de la bouse de vache séchée et du bois sec symbolisant la mort de Holika. », explique Sagarika, 16 ans.

Holika, c’est une cruelle démone qui avait le pouvoir de résister au feu. Un jour, répondant à la demande de son frère, elle décida de tuer Pralhad, un petit garçon de cinq ans adepte du dieu Vishnu. Elle se jeta dans un feu avec l’enfant pour être sûre qu’il brûle. Mais c’est elle qui brûla, et Pralhad sortit du feu indemne. Ainsi, la fête de Holi tire son nom de Holika dont la mort symbolise la destruction du mal et la victoire du bien.

La poudre servant à la fêteMême le vendeur de tabac se met en couleurs, c'est Holi Dans les foyers indiens, la veille de la fête, on jette de la poudre rouge et du curcuma [safran] dans le feu sacré puis on tourne trois fois autour. On offre aussi au feu du puran poli, un plat à base de farine de blé, de pois chiche et de sucre. Le jour de Holi, les Mumbaikars sortent habillés de blanc ou de vieux vêtements, armés de gulal [poudre teintée] ou d’eau colorée. Amis, voisins, aînés… on enfarine le visage de tous ceux que l’on rencontre à grandes poignées de poudre multicolore en criant « Holi Haï ! » [« C’est Holi ! »]. « Autrefois on n’utilisait que la couleur mais aujourd’hui on utilise aussi des œufs, des ballons et de la peinture, explique Kunal, jeune Mumbaikar de 19 ans. Sceaux, pistolets à eau et ballons… tout devient une arme. « La ville se transforme en grande partie de cache-cache, on attaque les amis de bon cœur », rajoute Kunal.

Voilà un homme blanc qui ne va pas le rester longtempsFête des couleurs, c'est Holi Un visage rouge ici, un autre rose là-bas. Les figures barbouillées deviennent méconnaissables. « Chez nous c’est complètement fou, on remplit la piscine de couleurs et on y jette les amis», raconte Bhavin, 21 ans. Holi est aussi le temps des plaisanteries. On salit, on éclabousse… « Bura Na Mano, Holi Hai ! », crient les petits : « Ne soyez pas fâchés, c’est Holi ! ».