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Graines de mil, calebasses, noix de cola et pagnes…

Sur les marchés

Chaque jour de l’année, Diapaga*, petite ville située à l’est du Burkina, vit au rythme du marché. De nombreux stands en bois ou tôles se succèdent, présentant quelques trésors burkinabés. Attention où l’on met les pieds, les ordures sont partout ! Il faut également lever les yeux pour éviter de heurter un âne, un porc ou une chèvre…

P1310063 (Copier)Les Burkinabés peuvent se réapprovisionner quotidiennement, dans cette région dépourvue de supermarchés (on n’en trouve que quelques uns dans la capitale). Sur les marchés, on trouve des fruits et des légumes, des épices, du poisson (comme la carpe, pêchée essentiellement dans les étangs des alentours) et de la viande (surtout de la chèvre ou du mouton, des brochettes de pintades… le bœuf étant gardé pour les grandes occasions comme des mariages).

P1310483 (Copier)D’autres produits fonctionnels comme du savon (fabriqué au Burkina grâce aux graines de neem, dont on extrait l’huile), du carburant en bouteilles (vendues également le long des routes), des seaux et plats en plastiques, colorés, de différentes formes… utilisés comme ustensiles de cuisine.

Le produit star étant la bière artisanale locale, fabriquée à partir de farine de mil. Les hommes la dégustent dans une calebasse en bois, abrités du soleil, ou dans des bars appelés « maquis ».

Le samedi, place au grand marché !

Le samedi, le marché prend une autre ampleur, avec le renfort de nombreux commerçants venus de Namounou, à 25 km de Diapaga. Lompo Miyemba, guide local de la région de l’Est, nous fait découvrir cet univers.

P1310427 (Copier)Des produits typiquement burkinabés sont alors à découvrir : pagnes, bijoux en argent et en cuivre que les habitants achètent davantage pour leur signification que pour l’esthétisme (certains portent chance, d’autres protègent les enfants des maladies…), noix de cola*, calebasses (récipients pour l’eau ou autres liquides), gâteaux de cacahuètes ou de mil, potasse (argile, utilisée comme savon), beurre de karité, mil, maïs blanc et jaune, graines de sombala (utilisées dans les sauces, elles auraient pour vertu de soigner la tension), tamarins (fruits), nombreuses lampes torches (pour les habitants des campagnes, ne disposant pas d’électricité), divers beignets (de farine de haricots, de mil…), miel, reconnu ici pour ses pouvoirs de guérison et porte-bonheur !

Moment hebdomadaire attendu de tous

pagnes gourmantchés (Copier)Sont disponibles également des remèdes naturels pour se soigner, vendus par les marabouts : peau de serpent et crocodile… mais également des panneaux solaires, des pagnes typiquement Gourmantchés avec des rayures verticales colorées, du soja, des briques (en béton), des bancos (brique en terre)…

Ne pas oublier qu’en Afrique, sur le marché, on marchande ! Les prix donnés par les marchands sont toujours à négocier.

Légende :

Si vous voulez vous arrêter dans un maquis* et que l’on vous demande si vous souhaitez boire une sucrerie… il s’agit d’un soda ! Le choix est très restreint : Coca ou Fanta. Si le stock est écoulé, pas de souci, le commerçant ira en acheter dans un autre bar, et vous le servira, comme si de rien n’était !

Détails importants : *les noix de cola : les noix de cola sont un stimulant naturel, il est dangereux d’en consommer quand on n’est pas habitué. Lorsqu’un homme veut épouser une femme, il doit donner en guise de dot, aux futurs beaux-parents, quatre noix de cola et 1000 F CFA (minimum), soit 1,50 €.

*Diapaga signifiant « célibataire » a longtemps été une ville de chasseurs de buffles, célibataires, jusqu’au jour où deux couples fuyant le Niger pour traverser le Burkina se sont arrêtés dans ce village. On leur demanda de rester, car les femmes préparaient soigneusement les repas pour les hommes chasseurs. Tombés amoureux de Diapaga, ils y sont restés. Le village de célibataires est alors devenu un village familial.