Golden week

Ces derniers temps ont fleuri dans les villes des affiches demandant aux passants leurs plans pour la « GW ». Pourquoi pas un tour au parc d’attractions ? Pourquoi pas une virée dans le nord-ouest ? La « Golden week », la «GW», est une période phare dans le calendrier. Pendant une semaine, les jours fériés s’enchaînent, permettant aux employés de bureau d’enfin laisser tomber leur cravate pour respirer un peu.

Le 29 avril, c’est le jour de commémoration de la période Showa (1926-1989), c’est-à-dire du règne de l’empereur Hiro Hito. Trouver bizarre la célébration d’un empereur dont le nom reste accolé aux crimes commis par l’ultranationaliste armée japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale semble logique à première vue. Mais pour beaucoup de Nippons, Hiro Hito est aussi le symbole qui a permis au pays de se rebâtir après Hiroshima. Le 3 mai, c’est le jour de la Constitution, qui est entrée en vigueur en 1947. Là encore, l’ironie est présente : les articles de la constitution, écrits par les Américains au lendemain de la guerre, sont l’objet d’un constant débat et divisent encore l’opinion publique. Le 4 mai coïncide avec la journée nationale pour l’environnement. Enfin le 5 mai, c’est la journée des enfants – une fête qui est aussi célébrée en Chine, à Taïwan et à Hong Kong. Les rues se parent de koinobori, des manches à air de papier en forme de carpe coï. Selon la légende, la carpe qui réussit à remonter à contre-courant le fleuve s’envole dans les airs pour devenir un dragon.

Paradoxalement, pas de 1er mai au Japon. C’est une occasion rare de se reposer quand on connaît les dures conditions de travail au Japon. Les Nippons prennent en moyenne 5 jours de congés payés par an (sur 15 possibles, mais les plus anciens en ont plus), soit une broutille par rapport aux cinq semaines dont peuvent bénéficier les Français. Alors que le climat se radoucit enfin, la Golden Week vient donc à point et n’a jamais porté aussi bien son nom.