Foot et rap contre les maladies

De l’excision à la vaccination en passant par le traitement du paludisme, le Centre national d’information, éducation et communication pour la santé (CNIECS) n’a qu’un mot d’ordre : sensibiliser. Il s’adresse en particulier aux jeunes, par des actions extrêmement ciblées, qui utilisent parfois le football et le multimédia pour plus d’impact sur cette population.

Entre spots télévisés et morceaux de rap, les actions du CNIECS sont à la fois des campagnes de masse et des mouvements ciblés. « Notre lutte vise à aboutir à un changement de comportement de tous les Maliens et plus particulièrement des jeunes », affirme Abdoulaye Néné Coulibaly, le directeur de cette structure gouvernementale qui travaille notamment avec les ministères du Développement et de la Santé.
En ce qui concerne la santé, le centre s’est déjà intéressé au paludisme, au sida, à l’excision, à la contraception et aux vaccinations. Une grande campagne, soutenue par le CNIECS, vise à vacciner un grand nombre de femmes en âge d’avoir des enfants. Sur le même thème, le centre a créé un feuilleton radiophonique de douze épisodes, intitulés « Procréer sans risque », « la procréation dans le bonheur » ou « la joie de la procréation ». D’autre part, la chaîne de télévision ORTM diffuse toutes les nuits des spots du CNIECS pour la prévention du sida. Le centre propose également à la population des cassettes vidéo, faites de reportages et petits films sur l’excision et le sida par exemple.
Le CNIECS a aussi travaillé en collaboration avec plusieurs groupes de rap relativement connus au Mali et plus particulièrement à Bamako : Les Autoboys ou encore Les Escrocs. « Nous espérons que grâce au rap, les adolescents se sentiront plus concernés et qu’ils prêteront une plus grande attention à notre message », souligne Koke Diarra, gestionnaire du CNIECS. Si la lutte contre les maladies est son combat principal, le centre voit plus loin et a conscience de l’impact des problèmes sanitaires sur le développement du pays : « Tous ces problèmes entraînent une forte mortalité infantile et la mise en quarantaine des personnes atteintes » explique M. Coulibaly, qui essaie également de lutter contre l’exclusion en général. « Nous avons lancé une campagne qui a permis à des jeunes de Bamako de rencontrer des malades du sida ou d’autres affections pour leur montrer qu’ils sont des gens comme les autres ».
L’impact de ces actions commence à se faire sentir. Après avoir envoyé de la documentation, des cassettes vidéo et audio ainsi que des CD dans les établissements scolaires, certains jeunes ont créé des clubs anti-SIDA dans leurs écoles ou universités. « Malgré ces bons résultats dans les milieux scolaires, notre travail ne fait que commencer, il faut savoir que plus de 80% de la population ne sait même pas ce qu’est le VIH/SIDA », avoue M.Coulibaly. Cette approche novatrice de la lutte contre les problèmes de santé porte ses fruits mais le centre ne peut parvenir seul à ses objectifs. C’est ainsi qu’avec l’aide d’autre partenaires comme l’UNICEF ou le programme de lutte national contre le SIDA, le centre a lancé la campagne: « jouer pour la vie » …contre le SIDA, lors de la coupe d’Afrique des nations de football en janvier et février dernier. Petit à petit, le CNIECS étend son mouvement de lutte sur une population de plus en plus diverse, les jeunes, les professeurs ou encore les supporters de football, et peut-être un jour atteindra-t-il toute la population malienne.