Euroscepticisme ou euroillusions ?

D’un coté il y a l’euro scepticisme, et de l’autre coté les euro illusions, l’idée que l’intégration européenne crée exclusivement de bénéfices. Comme d’habitude la réalité se trouve au milieu.

L’intégration européenne préoccupe beaucoup de personnes en Roumanie. Voici quelques opinions de professeurs et de jeunes.
 «  Le mot clé après l’intégration c’est la prospérité. Tout le monde attend que celle-ci arrive vite, mais l’intégration signifie de l’effort de notre part et de l’appui de la part des pays européens.  La population roumaine n’est pas assez préparée et ne réalise pas l’effort qui lui est demandé. L’ouest a préparé beaucoup de jeunes pour ce processus d’intégration, mais ici, en Roumanie il n’y a pas une stratégie de valorisation de ces jeunes. Ceux-ci devraient être promus, mis dans les fonctions clé et recevoir la responsabilité du processus d’intégration.  Car l’effort pour l’intégration peut être fait seulement avec des gens qui connaissent la spécificité de cette démarche. » a affirmé Vasile Paul, le professeur de SISEC (Centre d’Etude Européen de l’Université de l’Ouest de Timisoara).
 Le professeur Gheorghe Silasi de la Faculté de Sciences Economiques  de l’Université de l’Ouest espère, comme tous les roumains d’ailleurs, que l’intégration sera avantageuse. « L’intégration est un problème difficile, on l’a essayée en 1951, mais on n’a pas réussi. Je considère que l’Europe est un homme sans main, parce qu’elle ne peut rien faire jusqu’à ce qu’elle forme sa structure politique », affirme-t-il.
 Barbulescu Cosmin,  jeune  étudiant de l’Université de l’Ouest, considère que l’intégration est la seule possibilité d’échapper à l’héritage du communisme, de la dégradation due à celui-ci. Toutefois, les illusions des Roumains sont trop grandes, car  une période difficile arrivera au début. «  Je crains que les gens ne soient déçus et qu’ils se forment une opinion négative sur l’Europe », s’inquiète-t-il.
 Virgil Pop, un jeune homme qui a passé son doctorat à Glasgow, en Angleterre, est parmi « la petite minorité des roumains eurosceptiques ». Il pense que le peuple est mal informé sur ce problème et qu’il n’en voit que les aspects positifs.
 Pour Miciulica Lella,  étudiante au SISEC, 1er année, la Roumanie n’est pas préparée pour l’intégration. Les Roumains ne comprennent pas le phénomène de l’intégration. Il serait utile de préparer le peuple.
 Selon l’opinion de Diana Coltan, étudiante, 2eme année, au SISEC, l’intégration de la Roumanie est une chose positive : « La première raison serait que j’aurai accès à la culture et a la civilisation des pays européens, donc mes horizons  culturels vont s’élargir. Deuxièmement, je connaitrai un peu plus les peuples de l’Union Européenne. J’ai déjà visité quelques pays de l’Union et j’y ai observé que les gens sont ouverts au neuf, ont plus de possibilités que nous du point de vue professionnel et ils sont plus heureux. Donc, peut-être,  je pourrai trouver plus facilement un emploi. 
Mais il faut être réaliste. L’intégration de la Roumanie à l’Union Européenne a ses désavantages. Professionnellement, je suis pour l’intégration de la Roumanie à l’Union Européenne, je suis euro enthousiaste, je suis optimiste comme la grand majorité des Roumains et j’espère qu’au moment de l’adhésion de la Roumanie à l’Union Européenne les choses vont peu à peu s’améliorer et nous aurons un futur meilleur. »
 Andreea Mantoc, 2e année au SISEC,  est pessimiste : « Je suis plutôt du côté des eurosceptiques. D’un coté l’économie de la Roumanie n’est pas encore préparée pour l’impact avec celle de l’Union. Et je me demande si les pertes ne seront pas plus nombreuses que les bénéfices. De l’autre coté, je pense aussi aux problèmes de l’Union, qui n’a pas une structure parfaite. Des problèmes existent, et je me demande si l’Union Européenne réussira à les dépasser. L’avenir nous offrira une réponse »
 Petrovan Mihaela, étudiante au SISEC, 2e année, est d’avis qu’à l’intégration « les Roumains seront soumis à la pression de la concurrence étrangère. Les prix augmenteront, l’ immobilier et les terrains seront inaccessibles ».
 «  J’espère que la corruption sera chassée et que notre pays se relèvera au niveau européen», ce sont les espoirs de Cosmin Balaciu, étudiant au SISEC, 1ère année.
 «Les plus importants avantages seront la libre circulation de personnes et l’aide financière de la part de l’Union Européenne », a ajouté Dragan Anamaria.

 On pourrait dire que la plupart des jeunes sont réalistes en ce qui concerne l’intégration européenne. C’est bien de réfléchir de cette manière  pour se mettre en garde et ne pas être surpris ou déçu des conséquences de la future intégration de notre pays dans l’Union Européenne.

Intervention du professeur Michel Labori