Et il créa le salon…

À la fois directeur de la Ligue de l’Enseignement et commissaire général du Salon de l’Education, Alain Dubroca revient pour Typo su l’organisation de cette manifestation.

Alain Dubroca

Comment est venue l’idée de ce Salon ?

A. Dubroca :  » Tout a commencé lors une réunion avec Claude Allègre, où nous avons constaté qu’il n’existait pas, pour l’éducation, de grand rassemblement comme il peut y en avoir autour de l’automobile ou de l’agriculture, et nous estimions qu’il serait intéressant de créer LE rendez-vous de tous les acteurs de l’éducation et de la formation. C’est ainsi que la Ligue de l’Enseignement et le ministère de l’Education nationale, main dans la main, ont décidé de mettre sur pied ce salon. « 

Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans l’organisation de l’événement ?

A. Dubroca :  » Nous avions la volonté de construire dès la première année un énorme salon, qui soit à l’image de la puissance de l’Education, et donc la principale difficulté a été de regrouper et de fédérer tous les salons et les initiatives qui existaient autour de l’éducation pour atteindre cet objectif. « 

L’éducation balaie un champ très large. Y a t-il des critères de sélection pour savoir quels stands installer sur le Salon ?

A.Dubroca :  » Oui, bien sûr, nous avons délimité deux grandes zones : une zone professionnelle pour tout ce qui touche aux équipements des services de l’Education nationale, appelé salon  » Educatec « . Le troisième niveau est dédié à l’orientation, aux formations, aux métiers, et aux entreprises, ce qui attire d’entrée de jeu les jeunes. Et pour que le Salon soit aussi un peu ludique, la zone 2 est organisée en villages thématiques pour appréhender l’éducation sous un angle différent. « 

L’ordinateur est très présent au Salon. Quelle sera pour vous la place de l’informatique dans l’école de demain ?

A.Dubroca :  » C’est vrai, il y a ici 11 620 ordinateurs, c’est monstrueux ! Ça ne veut pas dire que l’éducation va se résoudre à l’informatique mais que l’informatique va devenir un vecteur de communication et d’éducation qui rentrera dans notre paysage au même titre que la craie, le tableau, le stylo. C’est l’outil moderne du troisième millénaire qui va conduire l’enseignement à se transformer pour l’intégrer, mais non une fin en soi. « 

Combien y a t-il de stands rajoutés par rapport à l’an dernier ?

A.Dubroca :  » Sur 2200 stands cette année, 200 n’étaient pas présents l’année dernière, mais c’est surtout leur superficie qui compte. En effet, il y a 10 % de stands en plus mais 15 % de surface rajoutée, les exposants souhaitant pouvoir accueillir plus de visiteurs simultanément. On arrive alors à une superficie totale de 72 000m². « 

Comptez-vous organiser une manifestation du même genre et de la même envergure en province ?

A.Dubroca :  » C’est une grande idée. Nous allons le faire lentement, mais sûrement, parce qu’on veut impérativement ne jamais rencontrer l’échec. Il faut donc avoir des certitudes de faisabilité avant de se lancer. C’est pourquoi nous préférons d’abord observer la réaction du public pendant trois ou quatre ans. L’éducation est une affaire trop importante pour qu’on ne la prenne pas au sérieux. «