photo élisabeth (Copier)

Elisabeth, pour les autres

La vie d’Élisabeth Coulidiati, une femme Gourmantché issue d’un milieu agricole, a basculé en 2004, lorsqu’elle a décidé de s’engager dans l’action solidaire auprès des gens de son ethnie.

C’est en 2004 qu’Élisabeth débute son engagement dans diverses actions. Son mari instituteur ayant perdu son emploi, elle a dû subvenir aux besoins de ses enfants. Travaillant dans un regroupement de maraîchers, elle se rend compte des conditions de travail difficiles. Elle décide de lancer des actions de sensibilisation auprès des paysans, afin qu’ils puissent s’organiser d’une autre manière dans leur travail, en les regroupant davantage et définissant des rôles à chacun.

Un engagement déterminé

photo elisabeth (Copier)« Quand je vois des gens qui souffrent, j’ai pitié. Venant d’une famille de cultivateurs, je connais les difficultés et je partage leurs sentiments. J’ai l’amour de ces gens-là, je veux les aider. M’engager, ça a changé ma vie. J’ai beaucoup découvert grâce aux échanges, aux formations. Aujourd’hui, je suis plus heureuse, car indépendante. Avec ce travail, j’ai pu accompagner mes cinq enfants dans l’éducation », confie-t-elle.

En 2006, elle étend son champ d’action en créant un projet « Word Relief » pour appuyer les personnes vivant avec le VIH et les sensibiliser. Par manque d’éducation, ces personnes ne comprenaient pas la maladie ni la contamination. Du fait de la honte, de la peur, seules 10 personnes l’ont contactée, les autres restaient dans l’ombre. Elle décide alors de tourner son projet vers une autre cause : les orphelins et enfants vulnérables (n’ayant qu’un seul des deux parents). Elle leur fournit des cahiers, médicaments… et par ce biais, arrive à sensibiliser les enfants séropositifs, afin de les prendre en main dès leur plus jeune âge.

En 2008, elle décide de créer une association pour ne pas se disperser. Elle obtient l’agrément et l’association « Tin-Si » (« Ayons espoir ») devient officielle. L’objectif principal est de promouvoir la santé de la population, par des actions de prévention contre la tuberculose, le sida, le paludisme, mais aussi l’excision…

En 2009, 2010 et 2011, elle organise des sorties de sensibilisation, avec l’argent que les 50 membres de l’association ont pu rassembler. Malheureusement, les membres abandonnent petit à petit, ne trouvant plus de moyens financiers.

Depuis 2012, elle réussit à obtenir des financements pour son association, dans le cadre d’un programme public d’aide au développement sanitaire. Elle revient à son premier domaine : l’agriculture et mène par la suite des actions pour son partenaire « Solidarité Rurale » en achetant par exemple 16 charrettes pour les 8 communes de la Tapoa.

Novembre 2013 : naissance de l’idée du chantier de Tonga

En novembre 2013, elle travaille avec des cultivateurs de pommes de terre. Elle rencontre son partenaire Bernard Joint, qui la met en relation avec d’autres intéressés dont Lamine, Malien qui lui parle du club solidarité du lycée Hilaire de Chardonnet. C’est à ce moment-là que l’idée du chantier naît. Un problème est évident : les femmes gourmantchés s’ennuient, elles n’ont aucun moyen financier pour créer un potager et par ce fait, ne gagnent pas d’argent. Elle propose alors au club de les aider. L’idée est de les regrouper, de les aider à s’organiser, de leur apprendre des techniques… Le club commencera le travail en installant une clôture pour délimiter le terrain. 24 femmes y travailleront. D’autres femmes ou hommes s’y ajouteront. Élisabeth doit à présent quantifier le nombre de personnes pouvant y travailler et réglementer les conditions de travail.

« La venue du Club Solidarité nous a beaucoup aidés, nous n’avions pas assez d’argent pour financer le chantier. Je suis heureuse du travail fait. Maintenant il ne faut pas que ça s’arrête, il faut que cette action soit durable ».