Ecolos, équitables… les jeunes Mumbaikars ?

Ecolos, équitables… les jeunes Mumbaikars ? Mumbai, capitale économique de l’Inde présente plusieurs visages, des businessmen en costume aux femmes démunies triant des déchets sur les trottoirs. Dans cette ville inondée en 26 juillet 2005 par l’obstruction des canalisations par des sacs en plastique omni présents, que pensent et que font pour le futur les jeunes Mumbaikars ? Sont-ils pour le commerce équitable, « fair trade », écologistes en devenir, « eco-friendly » ? Quelques réponses qui ne font pas une généralité.Sakshi Rastogi, la patronne fait fabriquer les saris benarasi et les vend au prix raisonnable et abordableSakshi Rastogi, 27 ans, titulaire d’un Master of Business Administration de London School of Economics, travaille comme « operations executive » dans l’entreprise industrielle chimique familiale. En plus, elle s’occupe de sa propre société qui fabrique des saris Benarasis. Pour cette Mumbaikar à la voix douce, les mots « fair trade » signifie « avant tout, la transparence en commerce. Entre les partenaires commerciaux, tout doit être transparent, planifier et discuter sans ambiguïté. » « J’ai monté ma propre société pour aider les tisserands de saris Benarasis et pour protéger ce merveilleux héritage. Pour les saris, je ne me sers pas d’emballage en sacs en plastique mais en jute. Je n’allume pas les climatiseurs. Puis, chez-moi ou au bureau, nous coupons de l’électricité des appareils non utilisés. »

Sushil Shintre. Choqué par les innondation du 26 juillet 2006 à Mumbai, il a opté pour génie civile pour ses études à IIT B.Sushi Shintre, 21 ans, étudiant en dernière année en génie civile à IIT Bombay s’exprime sur le fair Trade : « J’ai une idée de base. C’est un système distinct avec ses propres normes et ses propres réseaux de distribution. Je suis content de constater l’existence de ce système dans l’industrie du coton en Inde. Les producteurs de coton désavantagés en profiteront. » Ce futur ingénieur est-il écolo ? Sur ce campus « nous sommes très sensibles au recyclage et être écolos fait partie de notre vie. Le recyclage est une pratique quotidienne ici, surtout pour les appareils électroniques. En plus, nous rivalisons avec d’autres internats du campus pour l’usage minimum d’électricité. »

Shamini Joshi, la prof d'anglais pratique la danse classique indienne Bharat Natyam comme loisirShamini Joshi, 26 ans, professeur d’anglais à l’université Maharishi Dayanand. Pour cette passionnée d’anglais et de français, le terme « « fair trade » signifie un commerce juste aux pratiques éthiques et acceptables. » Sur le niveau de recyclage : « J’achète des produits recyclés, comme des sacs et des récipients en plastique recyclé. J’évite l’usage des produits en papier, comme des tasses jetables en plastique ou papier. Chez moi, je trie l’ordure ménagère. »

Disha Pandit adore les animaux et travaille le dimanche pour l'ONG, "Bien être des chiens de la rue"Disha Pandit, 20 ans, étudiant en économie et en statiques à l’université St Xaviers vient de décrocher une place à Sciences po Paris, école prestigieuse française. Cette passionnée des langues, française, espagnole ou perse, a fait des stages estivaux au consulat de la France ou à la chambre de commerce et d’Industrie Indo-Française. Son point de vue sur le « fair trade » porte au niveau international : « Deux parties, qui s’engagent en échanges commerciaux, doivent avoir les mêmes droits économiques. Ainsi, les soutiens aux producteurs ou les barrières tarifaires ne doivent pas exister dans le système « fair trade ». Malgré l’OMC (Organisation Mondiale de Commerce), cette pratique n’existe pas. » « Je recycle mes journaux. Je n’utilise pas les sacs en plastique et fais usage de mon propre sac pour mes achats, dit-elle ». Cette membre de l’ONG « Welfare of stray dogs » n’aime pas que des gens jettent des déchets dans la rue. « Je les incite de ne pas le faire. »

Satish Yadav venu voir l'exposition "La terre vue du ciel" pourrait adopter les mesures anti-pollution si on les lui recommandeEn revanche, l’électricien trentenaire Satish Yadav, originaire de la ville Udaypur au Rajasthan, a du mal comprendre les mots « fair trade ». Au travail, il « trie des déchets industriels. » Mais chez lui à Virar dans une banlieue éloignée, « je ne fais rien pour des déchets recyclables ». Pourtant, il « connaît bien les ravages de l’industrie du marbre dans son pays natal » où le paysage rassemble à une photo de l’exposition de Yann Arthus-Bertrand, exposée sur Marine Drive.

Bhikham Rajdhar, le vendeur du jus de canne à sucreQuant à un petit vendeur de jus de canne installé  à même le trottoir, Bhikham Rajdhar , « je ne comprends pas les mots « fair trade » ? ». Le recyclage ? « Je ne sais pas que fait la municipalité avec des déchets des cannes à sucre. » Dans mon pays natal, « nous faisons l’usage d’engrais chimique. »

Harjeet JHANS