Deux temps forts pour les musulmans de Mumbai

Dans les rues de Mumbai, la c’est lors d’Aïd el-Fitr et d’Aïd el-Khebir qu’on voit les musulmans faire la fête.

Le 1er janvier 2007, le lever du soleil annonçait une double fête pour les 150 millions de musulmans indiens : le Nouvel An du calendrier grégorien, et la fête d’Aïd el-Adha. Le ventre creusé par le jeûne, ils se sont rendus au salat (prière) dans les mosquées et dans des lieux réservés aux grands rassemblements. Aussi appelée Aïd el-Kebir ou encore Bakr-Eid, c’est une des fêtes les plus importantes de la religion musulmane. Cette « fête du sacrifice » ou « fête du mouton » a lieu entre le dixième et le douzième jour du douzième mois du calendrier, le Dhou al Hijja. Très significative, cette célébration marque également la fin du pèlerinage à La Mecque. L’Aïd, qui signifiant la fête, commémore le sacrifice d’Abraham. Alors que le Prophète était prêt à sacrifier son fils sur la demande de son Dieu, l’enfant a été remplacé par un mouton. « Ce n’était que la preuve de son obéissance à Dieu » explique Shafeeq A. Shaikh, enseignant sur la religion de l’Islam à l’Université de Mumbai.
En Inde, les musulmans festoient pendant trois jours. Le premier jour, après le salat à jeun d’Aïd el-Adha, chaque famille doit, si elle a les moyens, sacrifier, de façon rituelle, un mouton, une vache ou un chameau. À Mumbai, la bête est égorgée à l’abattoir ou dans des endroits réservés dans des quartiers musulmans. La viande est ensuite partagée en trois parts : un tiers pour la famille, l’autre pour les voisins et amis, et le dernier pour les pauvres. En réalité,  « les restes sont gratuitement distribués à des commerçants d’industries diverses » précise le professeur.

« La fête de la charité »

Soixante-dix jours plus tôt, c’était l’Aïd el-Fitr, la « fête de la charité » ou de la « rupture » (du jeûne). Ouvrant le mois de Shawwal (dixième mois), elle met fin au ramadan. « L’essentiel du jeûne n’est pas de ne pas manger, mais de résister ou éviter toutes les tentations vulgaires comme le désir ou le plaisir, dans tous les sens du terme » explique l’enseignant. « Cela permet de s’élever moralement et spirituellement » précise-t-il. « Ce jour-là, avant la salat  d’Aïd, chaque fidèle musulman doit verser 2,5 pour cent de son salaire, directement versé aux pauvres ou à des associations caritatives. Ainsi, on pratique l’esprit du partage, l’un des piliers de l’Islam » ajoute professeur Shaikh.