Des étrangers au club

le club de judo qu'a rejoint Sanni, au centre.
le club de judo qu’a rejoint Sanni, au centre.

Les clubs d’université au Japon suivent une logique bien différente de la nôtre. Portant chacun le même survêtement, leurs membres occupent leurs propres tables à la cafétéria et ne sortent qu’en groupes. Leurs entraînements sont presque quotidiens, et tous semblent sacrifier leur temps personnel au nom de l’équipe, même si l’activité du club ne demeure qu’extrascolaire.

Dans mon université, quelques gaijin – étrangers – ont tenté l’aventure. Huit mois après son intronisation au club de judo, Sanni avoue « avoir eu des difficultés pour comprendre le fonctionnement du club. Aux États-Unis, d’où je viens, les clubs sont pour le fun. Ici, c’est très sérieux. » Même son de cloche pour Lynden, le pilier anglais du club de rugby. « L’accueil n’a pas été très chaleureux. Aucun Japonais n’osait aller vers moi. »

 Camaraderie

Déjà habitué à l’ovalie dans son pays d’origine, Lynden s’est habitué aux 5 entraînements de 5 heures par semaine, en plus du match le week-end. « Une fois, après un match déjà éprouvant, on nous a demandé de courir une demi-heure puis de refaire un exercice de contacts après », raconte-t-il, lançant amèrement : « Si chacun gagne en condition physique, j’ai l’impression que c’est inutile sur le plan technique. Personne ne s’améliore vraiment.»

Lynden se sent « un peu à l’écart. Bien qu’étant le plus âgé, on me traite différemment. Mais je ne regrette pas ma décision. J’ai pu pratiquer ma passion grâce au club. » Pour Sanni, les entraînements du samedi matin sont durs à encaisser, « mais l’esprit de camaraderie règne. Le rythme soutenu des sessions resserre les liens. Le club est devenu une seconde famille pour moi et j’ai pu me dépasser, obtenir ma ceinture noire, grâce à eux. »