Des creux et des bosses

Entre délabrement et beauté du paysage, tout le trajet entre Bamako et Mopti, soit 650 km, paraît sorti d’un conte africain. Entre villages et grosses bourgades, dont certaines dépourvues d’électricité, les voyageurs, régulièrement stoppés par les barrages douaniers, peuvent goûter aux délices tant culinaires que visuels qu’offre ce terrain désertique.

Secoués durant 7 à 8 heures sur les dos d’ânes et autres surprises de la route bitumée, les visiteurs sont abordés, à chaque arrêt dans les villages, par des hordes de petits vendeurs ambulants qui proposent fruits, boissons et friandises. Pendant la halte, au pied d’un baobab, le voyageur peut tout goûter, du sucré au salé, peut être goûté: les jujubes, petits fruits secs au goût de prune, le manioc, racine à la texture particulière, et autres exaltations des papilles.
A chaque contrôle, les salutations et causeries sont au moins aussi utiles, pour amadouer les policiers, que la présentation de papiers en règle.
Le paysage, qui peut sembler monotone, recèle de surprenantes découvertes : des termitières géantes, molosses de terre, se dressent tout à coté des habitations et dans le désert. Plus loin, au détour d’un virage, des centaines de calebasses évidées se dorent au soleil. Regroupées en cercle, telles d’énormes citrouilles, les coques évidées et ainsi séchées deviendront des récipients très pratiques.
Après un long trajet, le ravitaillement se fait le plus souvent à Ségou. Un grand thé et un repas sur le pouce, le voyage peut reprendre. Les enfants courent inlassablement après les voitures qui repartent sur la longue route déserte. Mopti se rapproche enfin : après avoir longé de vastes « brûlis », champs brûlés pour être fertilisés, le véhicule fait enfin son entrée dans la cité. Le soleil se couche alors sur les rues de la grande ville qui s’endort au bord du Niger.