Dans la boîte à images…

A Hanoi, la chaîne nationale d’information, VTV1, dispose de 11 journalistes qui conçoivent quotidiennement un journal en français. Habitués à être polyvalents pour faire face au manque de subventions, ces derniers reflètent bien l’état de la presse TV au Vietnam : peu de moyens mais une équipe efficace.

A Hanoi, la chaîne nationale d’information, VTV1, dispose de 11 journalistes qui conçoivent quotidiennement un journal en français. Habitués à être polyvalents pour faire face au manque de subventions, ces derniers reflètent bien l’état de la presse TV au Vietnam : peu de moyens mais une équipe efficace.

Alors que le film de Louis de Funès s’achève, Hong Quang enchaîne les lancements : « Les éleveurs de poisson chat font valoir la qualité hygiénique et nutritive de leurs produits… Fraternité Orientale sur la route Ho Chi Minh… Traitement du cancer par la médecine orientale… » Chaque jour, la rédaction hanoïenne réalise deux journaux télévisés de quinze minutes en français, suivis par près de 5500 téléspectateurs pendant la journée et 11 000 le soir (SOFRES). Elle utilise des images de la télévision vietnamienne, de TV5, de CFI ( France2, France3, TF1) ou encore de CNN et de Reuters et Le Monde, Le Nouvel Observateur et Télérama s’échangent entre bureaux.

Le casque sur les oreilles, entourée de trois écrans, une rédactrice nous explique son travail. « J’adapte l’information provenant de chaînes étrangères à notre public, c’est à dire les résidents francophones, les étudiants et les touristes. » Concrètement, en plus de la traduction, il s’agit de reformuler les commentaires, en les complétant à partir d’informations provenant d’autres agences de presse, afin d’avoir une vision vietnamienne des évènements. Les journalistes de Hanoi partent peu en reportage en dehors de la capitale et partagent le matériel (caméra, studios…) avec leurs confrères de VTV, ce qui explique que seulement 10% de l’information provienne des 11 francophones. Employés par VTV ils reçoivent aussi des aides de l’Ambassade de France.

A l’heure du journal quatre professionnels seulement s’animent en régie (réalisation, script, lancement des cassettes, mixage) pendant que le présentateur, seul derrière sa vitre, présente les différents sujets. Tout ce petit monde est pied nus, comme il est coutume au Vietnam et la star locale, Hong Quang est loin de prendre la grosse tête. Le Diplômé de l’école de l’Ecole Normale Supérieure de Français puis de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille est plus débrouillard qu’un speaker français : après avoir enfilé son costume, pas de salle de maquillage pour monsieur, puisqu’il se pomponne et se coiffe dans les couloirs et jusqu’à la dernière minute, seul. C’est aussi lui qui met en place l’arrière plan avec un système de deux caméras : la première filme la table de présentation avec un fond d’écran uni et le présentateur focalise la seconde sur un morceau de papier avec le logo de la rédaction, fixé par des pinces à linges à un rectangle de carton… l’illusion est parfaite !