AFFICHE OCTOBRE BD

copier / coller / transformer… en débat

P1320525Copier, coller transformer… créer !

Le jeudi 16 octobre avait lieu au conservatoire de Chalon-sur-Saône une journée numérique. Organisé par la bibliothèque de Saône-et-Loire dans le cadre de son programme autour des transformations du monde. La table ronde qui s’y tenait avec pour sujet « copier, coller, transformer » s’est efforcée de répondre à la question suivante : « En quoi notre pratique numérique change-t-elle notre rapport à l’image ? »

Notre pratique numérique

Depuis maintenant une vingtaine d’années avec l’arrivée d’internet, et avant l’ordinateur notre façon de vivre a beaucoup changé. Il nous est d’ailleurs aujourd’hui impossible de nous passer de ses technologies numériques. Au cours de cette table ronde, plusieurs points ont été abordés. En premier lieu la masse de données accessible à chacun est accrue considérablement. Quand avant pour vous procurer un livre, un film ou un CD il fallait l’acheter ou le louer dans une bibliothèque. Désormais, une grande partie de ces œuvres est disponible et accessible de chez soi (payant ou gratuite). Bruno Bernard, compositeur, remarque « à une époque, nous devions tous être un peu musiciens si nous voulions pouvoir profiter de musique régulièrement ».
À notre époque les outils sont également accessibles en termes de prix et d’usage. Ainsi chacun peut être à son niveau, écrivain photographe ou encore réalisateur. Cette facilité de production d’œuvre et la facilité de partager ses productions ont modifié notre rapport aux œuvres, quelles qu’elles soient.

Le copier-coller

Copier-coller deux mots désormais inséparables, action simple au cœur de notre pratique numérique. Il n’est donc pas étonnant que ce concept se retrouve au centre de nouvelles démarches artistiques. Ce que l’on nomme le Mashup, mélange de plusieurs œuvres, images ou sons, pour en créer une nouvelle. Très répandu dans la musique ou l’on a aujourd’hui l’habitude d’écouter des Remix. Les images sont elles aussi copiées, collées puis transformées, comme au Copie Copain Club site internet qui réunit œuvres copiées et originales. Mais elles le sont également partout sur le NET, où l’heure est au détournement avec entre autres le phénomène des mèmes ou les sites comme 9gag.
Mais suffit-il de copier une œuvre et de la transformer pour en créer une nouvelle, ou pour faire de soi un artiste ? Quelle est la légitimité d’une œuvre copiée ? Selon Maxime Marion, artiste, tout dépend de l’originalité et de comment l’ouvre s’écarte de son modèle. Plus celle-ci tend à s’écarter du message initial plus elle est légitime.

L’originalité

Avec l’augmentation de la production d’œuvres, en quantité, mais aussi émergeant de toute sorte de milieux, professionnels et amateurs, notre perception de l’œuvre d’art a changé. On peut ressentir un retour au fondamental. C’est l’originalité qui a l’heure actuelle, est le maître mot. Il ne s’agit plus de se faire remarquer par de grands critiques, ou de se faire exposer, nous sommes dans l’ère du buzz ou internet est à la fois critique et galerie. Ainsi les artistes ont aussi changé leur rapport à l’art et au public. Avant on se disait artiste lorsque l’on parvenait à vivre de son art, il s’agissait alors d’une reconnaissante professionnelle. L’artiste numérique ne recherche maintenant que l’attention du public, et une certaine reconnaissance à travers celui-ci.

Copyright

Le deuxième grand thème abordé lors de cette table ronde est l’aspect juridique, qui au final nous a accompagnés tout au long de la journée. Droit d’auteur, copyright, des termes récurrents à notre époque, mais savons-nous réellement ce qu’ils veulent dire et ce qu’ils protègent.
À l’heure du numérique, ou internet représente un nouvel espace avec de nouvelles frontières, il devient difficile d’appliquer des lois qui diffèrent d’un pays à l’autre. Bien que le but du copyright et du droit d’auteur soit le même, ils n’ont pas la même conception de l’œuvre intellectuelle et donc pas la même finalité. Quand le copyright considère l’œuvre comme un bien commercial avant tout, le droit d’auteur protège toujours la notion d’auteur et le rattache de façon continue à son œuvre, quel que soit le propriétaire.

Des moyens sont déjà mis en place pour permettre la réutilisation d’œuvre, de fragment d’œuvre, le Faire Use aux États Unis et les licences Créatives Commons représentées par Lara Beswick. Cependant le même problème persiste avec des licences qui ne sont pas forcément compatibles, se rencontre et s’oppose dans ce nouvel espace numérique.