Confidences sur conflit dense

Edito : Au commencement, il y avait une demande, formulée à Typo par le curé de Saint-Marcel, Claude Barberot, de le suivre dans un pèlerinage en Terre sainte. Puis il y a eu les craintes. Comment oublier les images de guerre relayées par les médias internationaux ? Comment ignorer les avis des proches, du style « ne sois jamais à plus d’un mètre du groupe » ou « évite de croiser le regard d’un soldat israélien, sinon tu y auras droit » ? À la fin, il y a eu plus qu’un soulagement, la sensation d’avoir passé dix jours exceptionnels.

Les médias n’ont pas si tort de diffuser ces images de guerre. Sur place, j’ai en permanence eu le sentiment d’être dans une zone de conflit. À Hébron, dès le premier jour, il a fallu passer un check-point situé en plein souk. Même à la mer Morte, sous 45 °C, trois militaires veillaient sur un parking où seuls quelques touristes s’étaient installés. Je revois encore leurs combinaisons kaki trempées de sueur. Mais pour un étranger, il est inutile de craindre quoi que ce soit.

Ainsi s’est créée en moi cette douloureuse impression qu’ici, personne n’est logé à la même enseigne. Les inégalités persistent entre étrangers et autochtones ; entre Israéliens et Palestiniens ; entre Juifs et Arabes.

Guerre impossible, paix improbable ?

Regardez Jérusalem. À l’ouest, les allées sont larges, les consulats se sont implantés dans un quartier où des boutiques de luxe ont aussi pignon sur rue ; faites quelques mètres vers l’est, et la circulation devient anarchique, l’armature en ferraille est encore visible sur les bâtiments. J’ai la sensation d’avoir visité plusieurs pays qui ne partagent rien… sinon les tensions.

De là à choisir un camp… J’ai aimé cette Israël dans laquelle s’éveille, doucement, mais sûrement, une génération ayant pris conscience des souffrances du voisin et qui milite. Mais son extrême sévérité et son arrogance me mettent en doute, aussi.

J’ai apprécié cette Palestine ouverte qui survit et qui ne perd pas espoir. Mais comment oublier la montée des extrémistes ? Cette terre est traversée par tellement de courants qu’il est impossible de distinguer une voie qui satisfera tous les protagonistes. Il faudra attendre longtemps… car en Terre sainte, seule la paix semble avoir été sacrifiée.