Clap de fin pour Plan-C

Pendant 2 ans, 7 mois et 1 jour, Alexandre Mathis, qui fit ses premières armes à Typo (missions Auschwitz, Bombay, Maroc, Réunion) nous a dans son blog livré ses analyses, ses critiques de films, 438 critiques, que nous relayions sur Typo… On est tous, ici, tristes de clap de fin pour Plan -C.

Alexandre s’explique…

2 ans, 7 mois et 1 jour. Il fallait que cela cesse. Je ne voulais surtout pas laisser mourir ce blog d’une agonie lente. Plan-c s’arrête. Il restera encore accessible quelques semaines mais plus rien n’y sera publié. Soit un total 554 articles, dont 438 critiques de films. Un endroit de libre expression où, je le promets, j’ai toujours été sincère. Mais voilà, ce blog n’arrive plus à évoluer. Ce lieu m’étrique, me gratte comme un pull usé. Il devient trop lourd, trop futile fasse à l’invasion de plate-formes du même genre. Je ne réponds presque plus à mes commentaires, je ne vais plus en laisser chez les autres (désolé Pascale, bisous).

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http://www.plan-c.fr/
 

L’idée d’un contenu alternatif par les blogs me paraît à bout de souffle. Trop d’entre-eux uniformisent leurs approches, sans toujours parvenir à de la qualité. Et je ne m’exclus pas complétement de ce reproche. Le maelström de la nouveauté à tout prix m’a un peu usé. Devoir écrire pour écrire, enchainer les avis sans s’être suffisement demandé si l’on a vraiment quelque chose à dire. Certains empilent les news comme des perles ni point de vue, écrivent sans recul et débitent des idioties. Trop d’amateurs limitent leur envie de donner un avis à « c’est bien », « c’est nul », « c’est chiant ». J’ai toujours pensé qu’il fallait aller plus loin. Sans prétention, juste essayer d’être pointilleux. J’ai eu la chance d’avoir quelques formations par des journalistes, ils ont dû m’inculquer ça. Trouve-t-on meilleures lectures que Trafic, Positif, Les Cahiers du cinéma et quelques autres ? Mieux vaut fouiner. Je ne vais pas faire la liste mais sachez que vous êtes quelques-uns à vraiment apporter une belle pierre à l’édifice ; malheureusement noyés sous la masse. Oui, je sais je râle.

« Simplement, sans rancœur aucune, ni snobisme, je ne me sens plus de cette course ».

Simplement, sans rancœur aucune, ni snobisme, je ne me sens plus de cette course. Je veux (et vais) continuer à écrire. Pas ici, pas sur ce fond noir, pas sous ce nom de domaine, pas seul, pas à gérer au quotidien une interface que je déteste chaque jour un peu plus. L’idée de Plan-c était de parler du cinéma d’hier de temps à autres. Je n’y suis pas complètement arrivé, broyé par mon envie de vous tenir au courant des derniers films. 

 

Désormais, j’ai envie d’une équipe étoffée, d’un projet plus ambitieux. Je ne me satisfait plus du « oh tu as ton blog, cool ».

 Je compte en tirer deux avantages. Déjà, me libérer du temps pour vraiment me mettre à faire du cinéma. Les gens qui me connaissent savent que c’est mon objectif. Le temps imparti à écrire sur des œuvres oubliables servira aux scénarios, aux tournages, à réussir dans ce pari fou qui consiste à devenir réalisateur. C’est bien parce que je suis le seul à y croire que je vais vous prouver que je peux le faire. L’autre avantage, c’est que je vais mieux écrire. De l’analyse fouillée, des dossiers, peut-être des chroniques sur des livres de cinéma ou de la musique, faire de la radio, que sais-je ? Trotte aussi une envie d’émission vidéo, rien de concret. Que les trois du fond qui s’inquiètent se rassurent, je n’arrête pas. Je vais chercher des médias qui veulent bien de moi. Des piges, des projets qui m’attirent. J’annonce à ce titre que je rejoins l’équipe de Playlist Society. J’aime leur ton, l’idée d’expérimenter dans l’écriture, de se lancer sans complexe pour faire de beaux textes. Le projet d’aujourd’hui et de demain convient à mes aspirations. Et la team a l’air chouette.

 

De ces plus de deux ans, j’en tire plus qu’une expérience. J’ai découvert un univers, que j’apprivoise petit à petit, un envers du décor dont les paillettes ne sont pas ce que je préfère. Et puis, des lectures passionnantes malgré mon côté grincheux plus haut. Je ne vais pas me mettre à citer pleins de monde car je sais que je vais en oublier des tas (après, ils vont se vexer, ça va m’attirer des ennuis, tout ça). Mais je ne peux pas ne pas remercier Ed pour son excellent Panoptique et Vance pour son Palmarès Interblog. Parmi les plus belles rencontres, il y a des gens qui sont devenus des amis : notamment Jean-Victor, au soir d’une soirée débauche à l’Étrange festival en 2010 et Thomas (que je vais retrouver à Playlist) et sa famille que j’embrasse. Une bise aussi aux amis kaboomeurs (dont toi Cyrille), j’espère être toujours bienvenu chez vous. Et puis comment ne pas remercier mille fois Nicolas ! On nous a surnommé les Zemmour et Naulleau, ou les Dupondt tant on est inséparable et aimons partager notre passion. Je finirai par tous ceux qui me connaissent d’avant, mes amis de fac, d’enfance, qui me suivent.

A vous et aux autres, je vous aime, sincèrement.

A très vite et continuez d’aller au cinéma.