P1320167

Cinq dames de France, mais… une seule couronne

Autour du chant et du théâtre, les Sœurs Goudron promettent 75 minutes de bonne humeur sur fond de concours de beauté.

DSC_0639

 

 

 

 

 

 

C’est dans un décor de théâtre que nous accueille la compagnie des Sœurs Goudrons place Louis Armand Caillat. Sur les côtés de l’espace scénique, une parure digne des plus grandes princesses. Au centre d’un tapis rouge jonché sur le sol se trouve un tabouret sur lequel est disposée une couronne. C’est celle de la future dame de France. Avant le début du spectacle, un homme en costard distribue des drapeaux français au public. C’est le présentateur de la compétition féminine qui souhaite nous faire participer à l’élection. Enfin, c’est dans un halo de lumière que les drôles de miss font leur apparition en costume de scène. « Ça va ils ne sont pas trop vieux » se rassure une des concurrentes en voyant le public. S’en suivent alors diverses étapes des plus farfelues afin de désigner la future reine de beauté. Victoire, Claire, Perle-Lise, Feeling, et Vera toutes plus extraverties les unes que les autres vont s’affronter sous le regard médusé d’une présentatrice loufoque. Les grandes étapes des concours de miss (défilé en maillot, portrait, QCM, épreuve de maquillage à l’aveugle) en interaction constante avec le public serviront à les départager. Le tout est porté avec justesse par un humour décalé : « Vous n’êtes pas clair, Claire ! ». Le clou du spectacle reste sans aucun doute la prouesse vocale des artistes. Au gré de tubes incontournables chantés en canon comme Douce France, les dames de France dressent un spectacle hilarant.

DSC_0657Derrière cet univers burlesque, c’est une critique de la société de consommation. On dénonce la futilité de la télé-réalité et le côté uniforme de la femme. Lors du défilé en maillot de bain, pas de corps longiligne pour les Sœurs Goudrons, mais des formes qui réchauffent le cœur pour oublier les complexes. Celles-ci ne demandent qu’à « être aimées même sans cheveux » pour ce qu’elles sont, et non pour ce qu’elles paraissent, enjolivées de maquillage. Un monde où l’argent est roi jusque dans le monde du spectacle. Un sentiment traduit par la devise de la compagnie : « Il y a certaines choses qui ne s’achètent pas, les sœurs goudrons si. » Car même si jouer est un plaisir, il n’en reste pas moins un business. Un aspect souvent oublié dans le monde des arts de rue que ce spectacle cherche à montrer notamment en évoquant les désillusions de la présentatrice.

DSC_0696

 

 

 

 

 

La compagnie s’est créée après le festival d’Avignon en 2014 par une forte entente artistique basée sur le chant, mais également amicale. Celle-ci tient son nom de scène de leurs précédentes créations. Alors que ses joyeuses fanfaronnes déambulaient dans la rue en chantant, le bitume permettait une meilleure résonance et une qualité optimale du son. C’est donc tout naturellement que la compagnie s’est établie en tant que « sœurs Goudrons ». Cette équipée explosive cherche avant tout à « jouer de la même manière, quel que soit le public. » Sœurs par choix, la Compagnie ne voit pas d’inconvénient à intégrer des frères à leur prestation en cas de coup de cœur artistique.

P1320009

 

 

 

 

 

La suite du parcours pour la Compagnie, c’est de continuer à faire rire, de pouvoir vivre de leur métier, mais surtout de maintenir cette complicité et cette osmose entre eux et le public. Finalement les Dames de France, c’est un bol d’air frais, c’est une claque d’énergie, c’est le millésime 2015 de Chalon dans la Rue.

Galerie Photos