C’est la rentrée !

En France, quand l’école rouvre ses portes après l’été, le ciel se couvre de nuages et les jours raccourcissent. Le mercure descend, emportant souvent avec lui le moral des élèves. Au Japon, c’est le contraire. Quand les cerisiers sont fleuris et que chacun dit « sayonara » à l’hiver, c’est la rentrée ! Les premières années déambulent dans le campus les yeux grands ouverts et participent à l’agitation qui a enfin repris.

Les clubs sportifs (rugby, football américain, softball…) ou artistiques (calligraphie, théâtre…) prennent une place importante dans la vie de l’étudiant nippon. Il lui est demandé d’assister à chaque entraînement – environ cinq par semaine -, en plus des inévitables nomikai – où chacun se réunit autour d’un verre. Sur le campus, les membres d’un même club traînent ensemble, vêtus du même jogging, et les liens tissés durant ces moments dépassent très souvent le temps de l’université. Le jour de la rentrée, les clubs se disputent la tribune. Tout le monde crie, distribue des papiers, invite les nouveaux venus à les joindre. C’est la cohue générale, et c’est très drôle. Le campus d’ordinaire si calme ressemble à un marché d’Asie du Sud-est.

Les nouveaux venus doivent passer par le test médical puis devant le photographe. Ils sont photographiés par classe. Chacun se balade avec la liste de cours sous le bras, un format A3 où tout est écrit en petit.

Pour moi, cette rentrée annonce le début de mon deuxième, et dernier semestre dans l’archipel. Cela m’a fait bizarre de voir toutes ses nouvelles têtes. Les professeurs croisés dans les couloirs demandent de vos nouvelles et je ne suis plus perdu dans le campus. Le temps est passé si vite, « tempus fugit » (« le temps passe vite », en latin) comme me le rappelle le panneau affiché dans le hall de bibliothèque.