Archives de catégorie : Salon éduc. 2000

Socrates ou Leonardo Da Vinci ?

Etudes en Europe

Un des objectifs de l’Union Européenne est de développer la coopération entre les pays, et c’est dans cette optique que les projets Leonardo da Vinci et Socrates ont été mis en place. Ils proposent tous les deux des stages dans divers pays européens, trente et un au total, de quoi choisir !
Ces deux programmes, indépendants au départ, ont fusionné il y a peu de temps et travaillent maintenant main dans la main pour envoyer à l’étranger de jeunes étudiants, pas forcément français, mais obligatoirement inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur situé en France. Leonardo s’occupe plus particulièrement des étudiants qui, grâce à lui, peuvent bénéficier d’avantages : bourses, remboursement des frais de voyage aller-retour, de logement, de subsistance, assurance, assistance en cas de problèmes sur le lieu des études et même des cours de langue complètement gratuits, si besoin est. Les aides Leonardo sont accordées par une commission, sur présentation d’un dossier transmis par l’organisme d’origine ( par exemple un IUT).
Socrates, quant à lui, se divise en plusieurs branches, huit en tout, mais Marie-France Picart, chargée de communication dans ce programme, en a décrit plus particulièrement deux : Comenius et Erasmus. Le premier prend en charge des élèves de la maternelle jusqu’au BTS et met en place des partenariats scolaires qui passent par des échanges culturels (envoi de produits régionaux, correspondance par lettre) et des projets communs ( comme la création d’un site web). Le second concerne l’éducation supérieure, la mobilité des étudiants qui peuvent, en commençant par s’inscrire dans une école française, décider ensuite d’aller étudier à l’étranger.
Enfin, une petite parenthèse concernant le programme Lingua, qui comme son nom l’indique, vise la promotion des langues étrangères. L’année 2001 lui est dédié et, en mai, sera organisée une semaine de l’apprentissage des langues étrangères, avant l’organisation en septembre d’une journée consacrée à  » L’Europe des langues « .

Pour en savoir plus sur :
Leonardo : leonardo@leonardo-France.org ou au 01.41.12.35.90
Socrates : contact@socrates-France.org ou 05.56.79.44.07

Fonction voyage recherche fonction inverse

DRIC et Edufrance complémentaires et inséparables

La DRIC (Délégation internationales aux relations internationales et à la coopération) a pour fonction d’aider les jeunes Français à partir et l’étranger. Et Edufrance? Vous l’aurez deviné, à favoriser la venue en France de jeunes étrangers.
La DRIC essaye, par le biais de salons tels que celui-ci, de diffuser son message et d’envoyer de jeunes et innocents Français en terre inconnue. Une vingtaine de pays sont représentés (Etats-Unis, Australie, Canada et surtout Europe), embarras du choix et choix tout court se côtoient. Autant de prospectus sont distribués et détaillent les démarches à suivre, des adresses d’ambassades, de consuls, de sites web… (voir encadré) Mais ils n’ont absolument aucun centre en lycée ou en faculté, qui serait plus proche des élèves.
A l’inverse, Edufrance, qui dépend des ministères de l’Education nationale et des Affaires étrangères, prend en charge les étudiants étrangers en France. Martine Hary, chargée de communication à Edufrance, commente les missions de son organisation: « La promotion de l’éducation supérieure, un meilleur accueil des étudiants étrangers et l’ingénierie pédagogique, c’est-à-dire exporter le savoir-faire français. » Qu’entend-elle exactement par « accueil » ? « Nous essayons d’aider un maximum les jeunes étrangers en allant les chercher à l’aéroport, en les transportant sur leur ville d’étude, en leur recherchant un logement… Evidemment nous ne pouvons pas tout faire nous-mêmes, alors il arrive que nous passions par des associations telles que le Crous. Dernièrement nous avons aussi créé une carte qui permet d’avoir des réductions dans de nombreux domaines comme les télécommunications. »
Pour toucher ces populations, les responsables d’Edufrance envoient des émissaires dans un bon nombre de pays: « Nous avons effectivement des responsables géographiques, qui se dispersent dans beaucoup d’endroits, qui participent à des salons, en organisent, font circuler des informations, proposent des présentations. Nous tentons de nous répartir dans toutes les régions du monde, mais nous sommes surtout localisés en Amérique latine et en Asie. »

Pour les séjours d’étude dans les pays de l’Union européenne, la DRIC conseille de passer par le service des relations internationales de l’université d’origine, car c’est lui qui saura si des échanges d’étudiants sont possibles. Pour s’informer sur les établissements d’enseignement supérieur, cursus, condition d’accès, etc…, interroger les services culturels des pays concernés, passer par le site du ministère des Affaires étrangères: www.diplomatie.gouv.fr, ou par celui de l’Onisep: www.onisep.fr
Pour le Canada, se renseigner sur: http://www.amb-Canada.fr ou sur minitel 36.15 Canada, pour l’Australie, aller sur: http://www.austgov.fr ou http://www.Detya.gov.au et enfin pour les Etats-Unis, rechercher des infos sur http://www.amb-usa.fr ou sur 36.17 USAETUDES.

Soleil ou efficacité ?

Sur le salon de l’étudiant, ça changerait presque de celui de l’éducation, on trouve de l’Europe à la pelle, sauf pour l’Angleterre, qui doit sûrement ceci à son sentiment d’insularité.
Le pays le plus représenté est sûrement l’Allemagne, avec trois stands, et un petit coin est réservé aux pays hispanophones.
Allemagne tout d’abord, avec les deux stands les plus intéressants, celui de la Daad, qui est en gros l’office des échanges universitaires représentant l’ensemble de l’enseignement supérieur allemand (oui, c’est compliqué) et celui de l’Efaci, ou École franco-allemande de commerce et d’industrie. Efficacité allemande donc, surtout avec la Daad, qui propose un choix multiple d’études en plus d’une aide boursière et qui, comme si ça ne suffisait pas, possède un bureau à Paris, pratique pour se renseigner. Pour bénéficier de tout ça, il faut être étudiant depuis un an dans un établissement français. Cet office existe depuis 75 ans, a déjà subventionné plus d’un demi-million d’étudiants et de chercheurs et se targue d’être la plus grande organisation dans le domaine des échanges universitaires en Allemagne. Décidément, le terme d’efficacité leur colle à la peau.
L’Efaci, plus humble, propose un double diplôme sur deux ans : un B.T.S en comptabilité-gestion ou en commerce international à Paris avec un stage de quatre mois en Allemagne qui peut être prolongé pendant encore une année. Pas de système de bourse, mais les élèves touchent une petite rémunération qui permet de couvrir les frais minimum.
Pour tous les allergiques au froid et à la pluie, reste l’Alepal (Alliance linguistique pour l’Espagne, le Portugal et l’Amérique latine) qui propose des stages en immersion dans des familles d’accueils, dont le prix reste à la charge de l’élève et qui varie entre 2 400 francs au mieux et 12 000 francs au pire, ou plus simplement des cours de langue à Paris.

Contacts !
Daad : 24 rue Marbeau, 75110 Paris, 01.44.17.02.38, infodaad@daad.asso.fr ou http://daad.de/paris

Efaci : 108, rue de Picpus, 75012 Paris, 01.43.46.04.61, efaci@efaci.com ou http://www.efaci.com

Alepal : 10, cité d’Antin 75009 Paris

Le sport comme moyen d’intégration

Handi-EPS

Les handicapés sont souvent laissés de côté au cours d’éducation physique et sportive, condamnés à regarder les autres s’amuser pendant qu’ils attendent la fin du cours dans leur fauteuil. C’est pour lutter contre ce cliché que le collège de Quetigny a crée Handi-EPS il y a cinq ans.
Ce projet, qui est à l’initiative de profs de sport, a pour but d’intégrer les enfants à motricité différente dans l’établissement.  » On intègre les valides avec les handicapés. L’originalité est d’inciter les enfants valides à aller vers ces enfants qui ont des besoins particuliers « . Pierre, élève de 3e qui participe au projet depuis un an, était auparavant scolarisé dans un autre collège, où ses possibilités de faire du sport étaient très limitées. En 5e, la prof avait fait son maximum pour l’intégrer en adaptant ses cours à son problème. Mais en 4e, le prof ne voulait absolument pas que Pierre fasse du sport et avait demandé que le médecin scolaire lui signe une dispense. Seulement voilà, le médecin en question est celui qui aujourd’hui s’occupe de Handi-EPS… Pierre a donc quand même participé aux cours, mais avec une très mauvaise volonté de la part du prof d’EPS.  » Quand j’ai changé de collège, on m’a tout de suite parlé de Handi-EPS et de l’activité basket en fauteuil. Et comme j’adore le basket, je me suis dit que vu que je ne pouvais pas le pratiquer debout, autant essayer assis. Et aujourd’hui, je fais partie de l’équipe de basket fauteuil de Dijon « .
 » Le fait que certains professeurs s’opposent aux handicapés qui veulent faire du sport est lié à un manque d’information et à la peur que la pratique de l’EPS puisse avoir un risque sur la pathologie de certains enfants « , explique Mme Labaille, médecin scolaire.  » Et puis, l’EPS est encore lié, dans certains établissements, à l’élitisme du sport. Il faut casser cette image. Les objectifs du sport dans l’éducation nationale sont les suivants : réintégrer son corps pour en connaître les limites et les exploiter au maximum, avoir une vie associative et enfin, élaborer une image positive de soi. Dans ce cadre-là, les premiers qui devraient faire du sport sont les enfants handicapés, et c’est ce que nous voulons développer. Le mouvement va faire tache d’huile et on va arriver à intégrer un maximum d’enfants dans toutes les matières « .
Les élèves sont ravis de cette expérience qui n’est pas un véritable cours mais un moment de détente où l’on se retrouve avec les copains. Il y a une envie des handicapés à aller chercher les valides pour que des centres d’intérêt communs s’établissent. Et ce qu’il y a de bien c’est que pour une fois  » ce n’est pas aux handicapés de s’adapter aux valides mais aux valides de s’adapter aux handicapés « . Ceux qui avant faisaient des réflexions désobligeantes se sont rendu compte que ce n’était pas si facile de manier un fauteuil roulant pour jouer au basket.
Les parents, quant à eux, constatent avec plaisir que leurs enfants ont trouvé une activité qui leur plaît et que c’est un grand  » plus  » pour eux.
Bref, bien plus qu’une simple ouverture au sport, c’est une véritable ouverture sociale que propose ce projet destiné aux handicapés.

L’alter Ego de Patricia Martin

France Inter sur le Salon

La radio s’est aussi installée au Salon. Elle fonctionne en continu, si bien qu’on peut assister à de nombreuses émissions. Aujourd’hui c’est France Inter qui est à l’honneur. Patricia Martin, productrice d’Alter Ego, nous présente son travail sur le Salon.
Elle anime chaque matin entre 10 et 11 heures un magazine de société qui réunit au micro des spécialistes invités à réfléchir sur le thème du jour.
Patricia Martin s’est toujours intéressée à la radio mais elle ne comptait pas en faire son métier, car, engagée dans des études de lettres, elle voulait devenir professeur. Mais elle s’est finalement rendue compte qu’elle ne supporterait pas ce métier toute sa vie. Elle s’est donc inscrite à la Sorbonne, en  » technique des médias « . Et c’est à partir de là qu’elle s’est retrouvée à la radio : au départ, elle était  » de l’autre côté de la vitre « , dans les équipes de production, puis en tant que réalisatrice. Puis un beau jour, un directeur l’a mise au micro. « Finalement on s’habitue, ça devient vite un plaisir, voir même un besoin et ça finit par devenir une drogue « . Bien que passionnée par son métier, elle ne sait pas si elle restera dans ce domaine jusqu’à la fin de sa vie. Ce qui lui manque de son métier de réalisatrice c’est le fait de pouvoir mettre en forme les émissions, ce qui représente un vrai travail artistique.
Quant à sa présence sur le salon, elle n’est pas sûre d’avoir une réelle influence sur les jeunes qui n’écoutent pas la radio à l’heure de son émission. Cependant, le sujet choisi à cette occasion est l’échec ou le retard scolaire pour rompre avec l’idée qu’un élève qui a des difficultés est un élève stupide. Elle a fait venir des spécialistes qui sont à la disposition des parents pour répondre à leur interrogations, les rassurer et leur prouver que les problèmes scolaire ne sont pas insurmontable. Ainsi Albert Jacquart s’est adressée au fils d’une auditrice en lui disant qu’il ne fallait pas abandonner face à la difficulté. Elle pense donc que vu sous cet angle, l’émission a quand même un certain impact sur le public jeune.

Futurs Pulitzer

J-Presse

J-Presse, association qui défend les journaux lycéens, a elle aussi sa place sur le salon de l’étudiant. À cette occasion, elle réalise un journal quotidien en direct, avec à chaque fois une nouvelle équipe.
Le point fort de cette association est son service juridique qui lui permet d’assurer la défense des lycéens contre la censure.
Ainsi, sur le salon, une petite équipe constituée de quelques lycéens arrive chaque matin et, après avoir été « briefée » par les encadrants de J-Presse, se lance le défi de réaliser un journal durant la journée sur les différents stands, conférences et activités présentées sur le salon. Le jour où nous les avons rencontrés, les journalistes-lycéens n’étaient que deux, mais au vu leur motivation, ça ne posait pas de problèmes.
Nicolas et Alexandra, tous deux âgés de 17 ans, qui travaillent tous les deux pour un journal lycéen,  » Ça bouge « , se sont lancés dans cette expérience car  » cela peut être constructif, et ça demande un bon esprit d’équipe.  »  » On avait déjà travaillé avec J-Presse pour faire un journal pendant une nuit, on n’a pas eu de mal à trouver des sujets, mais le salon n’est pas particulièrement intéressant. Il est mal organisé et si on n’a pas une idée précise de ce qu’on cherche, ça ne sert à rien. Ça ne vaut le coup que pour ceux qui savent ce qu’ils veulent et qui cherchent plus d’information sur un domaine précis « .

Le coin d’A…* perdu et sans surveillance

Presse étudiante

A… est un magazine dédié aux 15-25 ans, qui se décline sous plusieurs rubriques : musique, soirées branchées, cinéma… Il donne également les adresses des sites Internet les plus intéressants pour les étudiants et propose des tarifs préférentiels pour des voyages au ski ou à l’étranger. Jusqu’à présent tout est correct, mais…
Perdu dans un tout petit coin du Salon, et malgré une affiche des plus attrayantes, le stand d’A… n’est pas des plus peuplés. Et ce n’est pas la faute de l’hôtesse, Fatima*, 23 ans, qui voudrait bien voir un peu de monde… En effet, si le magazine est toujours édité à temps et présent dans les kiosques au jour et à l’heure dite, ce n’est pas forcément le cas de ses représentants. Depuis hier, ils ont déserté le stand, laissant Fatima seule sur sa chaise. Elle explique comment elle en est arrivée là :  » Je suis étudiante, en psycho, et je cherchais un petit boulot sur deux jours, le jeudi et le vendredi car je n’ai pas cours. En cherchant au Crous, j’ai vu une petite annonce pour tenir le stand pour 55 francs de l’heure. « 
Abandonnée dans son coin, elle fait ce qu’elle peut pour intéresser les jeunes qui passent. Normalement, une autre étudiante aurait dû la seconder. Seulement, comme le précise Fatima :  » elle est venue hier, elle est restée très peu de temps car elle a vu qu’il n’y avait personne, que l’on était très mal placés et donc elle repartie travailler.  » Cependant, un des responsables du magazine, sûrement soucieux de la bonne tenue de son stand, a tout de même daigné téléphoner, pour prendre des nouvelles et savoir si tout se passait bien. À ce qu’il paraît, quelqu’un devait passer sur le salon, histoire de jeter un oeil et de surveiller quelque peu l’hôtesse…
Enfin, Fatima essaye de voir les côtés positifs de son aventure, puisque après tout la liberté a certains bon côtés :  » Personne ne me surveille, je peux tout aussi bien arriver en retard ou partir visiter le salon à ma guise. De plus, c’est ma dernière journée, demain, c’est une autre qui sera à ma place.  » A… a donc trouvé une nouvelle victime, un autre bon toutou pour garder son stand.

* noms modifiés