Archives de catégorie : Ciné

4 décembre – Si on parlait d’économies

L’édito d’Alexis Hontang

Un gendarme ici, un autre là, trois huissiers côte à côte dans un couloir : à peine que l’on ouvre une porte, la présence d’un représentant de la Loi se fait ressentir. Pas de menaces d’Al-Quaïda en vue pourtant ; mais au Palais Bourbon, l’Etat n’hésite jamais à mettre les petits plats dans les grands pour satisfaire à la sécurité de M. les Députés. Normal, me diriez-vous, l’Assemblée est l’un des organes qui font respirer la France démocratique et à peine il est touché que l’Hexagone se voit paralysé. Or, à l’heure des délocalisations à tout-va et des réductions des coûts du service public, voir l’Etat se faire omniprésent dans les couloirs luxueux de l’Assemblée alors qu’il se décharge de ses fonctions auprès du peuple français – rappelons la régionalisation, le départ de nombreuses casernes militaires de villes où les fonctionnaires faisaient vivre l’économie locale- est quelque chose de très dommageable.

La fracture entre le pouvoir et le peuple atteint presque des profondeurs abyssales. Récemment, un article du Monde a montré que le recrutement dans les cabinets ministériels n’a jamais été aussi élevé, tout comme les salaires des très hauts-fonctionnaires. On dit que notre nouveau président gère l’Etat comme Bouygues son entreprise, ou comme Dassault ses armes: où est donc le service après-vente ?

 

Juillet 2008 : L’arnaque chinoise et la malice des journalistes

L’arnaque chinoise et la malice des journalistes

« Le peuple chinois veut être libre de toute oppression. » Voici ce que l’on pouvait lire sur une banderole déployée au pont Tsing Ma à Hong Kong en ce matin du 8 août 2008, jour de l’ouverture des Jeux Olympiques. Au même moment, RSF (Reporter Sans Frontière) piratait une station radio de Pékin pour y diffuser un message dénonçant la liberté de la presse. Les choses bougent enfin au pays de Mao.

Le régime pseudo-communiste chinois a frappé un grand coup en se faisant accorder les jeux. Malgré les promesses de liberté de la presse pour les J.O, le gouvernement du président Hu Jintao a tenté de revenir sur cet accord. Tout accès à des sites contestant le gouvernement ou pro-tibétain fut bloqué. La grogne mondiale a tout de même eu un impact puisque le gouvernement est revenu partiellement sur cette décision. Dans un pays où des dizaines de journalistes sont enfermés, le piratage de RSF révèle au grand jour les failles qui se dessinent dans la censure chinoise.

Le président communiste a beau tenter de calmer les contestations en proclamant qu’il ne faut pas « politiser les jeux Olympiques », Jonathan Unger, universitaire australien, s’offusque dans l’Express : « c’est la Chine qui a politisé ces Jeux, en renforçant ses contrôles sur la presse, en arrêtant des dissidents et en déployant un arsenal bureaucratique excessif pour faire en sorte que la situation soit stable. »

De son côté, si le Dalaï-Lama soutient les J.O, c’est plus par malice que par gaîté de cœur. En se montrant conciliant, il espère que la presse internationale aura librement accès aux zones tibétaines le temps des Jeux. Ainsi, les journalistes feront des reportages, les cachent un temps et une fois la trêve olympique finie, ils balancent leur travail dans les médias.

Depuis déjà quelques semaines, les reportages affluent. Les sujets ne sont pas brûlants, mais, entre les lignes, les reporters font état des inégalités existantes, de la censure qui s’effectue ou de la corruption de l’armée. Une telle opportunité dans un pays dictatorial est unique, et comptez sur le professionnalisme des journalistes qui feront leur travail comme il se doit. RSF veille au grain.

Quant aux J.O ? Le chroniqueur de France 2, Guy Carlier résume la situation ainsi : « Les Jeux olympiques ont survécu à Moscou, San Francisco et Munich, ils résisteront à Pékin. »

Mars 2008 : Le nucléaire : loin d’être un rêve, est-ce pour autant un cauchemar ?

Le nucléaire : loin d’être un rêve, est-ce pour autant un cauchemar ?
Le nucléaire est actuellement une grande source d’attention. Avec la flambée du pétrole, il apparaît comme une alternative intéressante que Nicolas Sarkozy loue dans beaucoup de ces voyages à l’étranger.
Cette énergie possède un gros défaut : elle fait peur. Tchernobyl n’est pas si loin. Il y a un an, nous commémorions le 20ème anniversaire de cet événement tristement célèbre. Est-il cependant raisonné de garder ses inquiétudes et de refuser s’aller de l’avant ? Je ne pense pas ou alors différemment.
Au train où vont les choses aujourd’hui, les besoins énergétiques de l’humanité ne peuvent qu’augmenter alors que les réserves de pétrole s’épuisent peu à peu en asphyxiant la planète. À ce moment-là, un premier choix s’impose : devons-nous continuer sur notre lancée ou stopper la croissance, la mondialisation et régresser ? La 2e possibilité bien que souhaitable, si on réfléchit un minimum sur le long terme, n’est pas envisageable dans la vingtaine d’années à venir. Cela signifierait un changement radical dans notre mode de fonctionnement, impossible à effectuer sans provoquer un chaos total.
Une 2ème question surgit donc : charbon ou nucléaire ? Il faut choisir. Ce sont les 2 seules sources d’énergies qui pourront subvenir à nos besoins de manière suffisante et économiquement viable. Le choix, à mon avis, est rapide à faire : le nucléaire apparaît largement plus souhaitable. En effet, le charbon est encore plus polluant que le pétrole. Étant donné l’état déjà alarmant de notre planète, l’utiliser massivement reviendrait à poser sa tête sur le billot en attendant la hache. Certes, le nucléaire n’est pas une énergie que l’on pourrait qualifier d’ « écologique » mais elle ne produit pas de gaz à effet de serre responsables des changements climatiques auxquels nous allons bientôt faire face. Quant à ses déchets, s’ils sont correctement reconditionnés, traités et stockés, ils n’ont aucun impact sur l’environnement. Le véritable inconvénient est leur longévité extrême.
Il faut donc développer le nucléaire dans les pays occidentaux mais également dans les pays en voie développement politiquement stables. Dans ces derniers états cependant, il sera nécessaire qu’un contrôle très strict international soit appliqué pour éviter les dérives vers le nucléaire militaire ou ne serait-ce qu’un accident tel que Tchernobyl que nous ne pouvons en aucun cas nous permettre.
Tout cela permettra au monde de s’approvisionner en énergie sans abîmer définitivement la planète en attendant un retour à une consommation moins effrénée et donc moins gloutonne. Le nucléaire est la seule énergie qui peut assurer la transition vers un monde plus raisonné et raisonnable du point de vue écologique.

Février 2008 : DSK : l’éléphant qui peut peser gros

DSK : l’éléphant qui peut peser gros

L’odyssée du trader Kerviel est terminée. En dépit de moult ruses, le trentenaire n’a pas réussi à amarrer près de l’île des « golden boys » : le Poséidon des marchés financiers a englouti son navire et… 5 milliards d’euros.

Jérôme Kerviel restera dans l’histoire. Et pour cause : il est le symbole d’un système financier devenu hors de contrôle. Depuis l’été 2007, la crise des subprimes américains gangrène l’économie planétaire. Au vu d’une possible récession, le président américain a présenté le 18 janvier un plan de relance. Certains se sont réjouis tandis que d’autres décryptaient une manœuvre politicienne. Bref, le mal continue de sévir et les pouvoirs politiques, plutôt que de soigner la plaie, inhibent la douleur.

En effet, les plans de relance prévus, par le président américain et le Fond Monétaire Internationale, semblent des réponses partielles aux problèmes que causent les marchés financiers. Certes, il faut espérer qu’ils puissent repousser le vampire de la récession. Néanmoins, ces plans de relance ne sauraient enrayer la mécanique trop spéculative des marchés boursiers.

Dès lors, le volontarisme politique doit battre son plein. Et un Français a probablement son rôle à jouer. Dominique Strauss-Kahn, juvénile patron du FMI, doit agir ! En conséquence d’abord, l’institution mondiale qu’il dirige a les moyens de canaliser les risques de récession – le plan de relance est en ce sens une bonne initiative. Par convictions ensuite, l’argent fou ne doit pas imposer son diktat. Ainsi, le vrai défi de DSK serait d’instaurer la taxe Tobin. D’inspiration libérale, son inventeur, James Tobin, souhaitait privilégier les investissements sur le long terme en imposant une taxe sur les transactions financières les plus spéculatives (investissement à court voir très court terme).

L’éléphant du PS peut peser gros : lors de son élection à la tête du FMI, il avait promis qu’il réformerait l’institution créée à la fin de la Seconde Guerre mondiale. S’il instaure la taxe Tobin, Dominique Strauss-Kahn n’entrerait plus dans l’histoire, mais dans le mythe…

 

Janvier 2008: quand les roses fanent

Quand les roses fanent…

C’est le milieu de l’hiver et les roses socialistes sont mortes. Même fanées, elles continuent de subir les intempéries sarkoziennes. Tempête réformiste, désert médiatique, autant de raisons qui privent les roses de leurs épines. D’ailleurs, on ne sait même plus où les roses prennent racines…Valls ? Mélenchon ? Solférino : Rive droite ? Rive gauche ? Tabou !

Pourtant, à la barre, il y a François Hollande ou « Flamby » – surnom que lui a attribué Arnaud Montebourg. Il y a François Rebsamen, co-capitaine, celui qui est de trop selon Razzye Hammadi, juvénile membre du conseil national du parti. Il y a Ségolène Royal : « une certitude de défaite » pour Michel Rocard. Bref, au PS, la solidarité, ça se travaille moins dans les couloirs que dans les disc
Mardi 15 janvier, la direction du parti s’extirpe enfin de l’épaisse fange des déclarations contradictoires, à propos de la ratification du traité Européen. Les socialistes s’abstiendront au congrès du parlement à Versailles. En fait, certains voteront oui d’autres non. Les braises de 2005 restent rougeoyantes et la droite s’amuse à souffler dessus. Le parti socialiste reste en effet meurtri par la douloureuse expérience du « Non » au référendum sur l’Europe. Les médias voient depuis cette époque une scission profonde au sein du parti : d’un côté, les partisans du non qui représentent l’aile gauche du parti, de l’autre : l’aile droite proeuropéenne. Or qu’en est-il ? Arnaud Montebourg, porte-bouclier du non, était le porte-parole durant la présidentielle de Ségolène Royal, partisane du oui. De plus, certaines personnalités de droite souhaitent un nouveau référendum à l’instar du député souverainiste, Nicolas Dupont Aignan. Il n’y a donc pas qu’au parti socialiste que les opinions divergent. Cependant, les rangs du camp conservateur restent en ordre de bataille, eux. Et pour cause, l’UMP a un chef : M. Sarkozy.

Dimanche 20 janvier, à la Mutualité à Paris, étaient réunies toutes les figures et sensibilités socialistes. Avec les municipales en ligne de mire, les éléphants et autres gazelles se serrent les coudes malgré la future bataille interne qui les attend. Mais le PS ne doit pas se tromper de cible. Privilégier la diversité aux divergences. Voilà l’ingrédient qu’il manque pour que refleurisse une opposition crédible garante du débat démocratique.

L’ubiquité sarkozyste fatigue. Mars, les giboulées, les municipales, des roses plus épineuses ?

Simon Gaillard