Archives de catégorie : Ciné

Brothers : affaire de famille***

Plongé dans le bourbier Afghan, les américains livrent de plus en plus de films comparant cette guerre au Vietnam. Brothers sert de volet psychologique sur fond de mélo familial. Touchant.

Sam et Grace représentent les américains parfaits. Jolie maison, gamines charmantes et joueuses, le couple incarné par Tobey Maguire et Natalie Portman n’a qu’une épine superficielle à gérer : Sam repart au front afghan avec l’ONU. Oui, mais papa est un héros, alors les gamines se font une raison. Et puis l’anti-héros débarque : Tommy, frère su soldat, fraichement sorti de prison rapplique. Dernière ce postulat caricatural se cache un mélo familial lié à la déchirure de la guerre. Quand Sam est laissé pour mort, la famille pleure.

Le réalisateur Jim Sheridan n’est pas le plus audacieux explorateur du 7ème art. Son travail toujours de qualité (Left Foot, Au nom du père) n’a pas laissé de traces indélébiles. Il en sera de même avec Brothers, œuvre mineure sur un pays en manque de repères. Le film oscille constamment entre dénonciation politique et mélo sur les fêlures familiales. L’illustration de la guerre n’arrive pas à la cheville d’un autre film traitant un peu du même sujet : Démineur. Ils seraient plutôt complémentaires dans leur approche et sur le message véhiculé. La captivité de Maguire et son soldat ne retranscrit pas franchement d’émotion, ni de tension. L’intérêt se situe en Amérique.

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Agora, la sirène d’Alexandrie**

Un péplum sur fond de féminisme et d’obscurantisme. Malgré une belle ambiance et Rachel Weisz, un ensemble trop confus voire caricatural.

Quoi de mieux que d’utiliser l’histoire pour faire passer de façon anachronique des messages contemporains politiquement corrects ? Alejandro Amenábar (Les Autres,Ouvre les yeux) semble le penser. Agora raconte assez fidèlement la vie de la philosophe Hypatia au sein d’une Égypte où le christianisme prend de l’ampleur.

La reconstitution en décors réels coupe le souffle et fait directement penser à la performance de la série Rome. Il en va de même pour les costumes, finement travaillés, où l’armure du plus petit des figurants reste crédible. Le jeu volontaire des contrastes des coloris sur les tuniques entre païens et chrétiens appuie un effet de mise en scène globalement réussi. Ces compliments faits, précisons que la réalisation souffre d’un certain manque de contemplation, la faute sûrement à un découpage trop sommaire. Et puis, les plans de l’espace font tâche. On croirait une utilisation de Google Earth déplacée au IVe siècle.

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Agora, d’Alejandro Amanábar, avec Rachel Weisz, Max Minghella, Oscar Isaac (U.S.A/Esp., 2h06, 2010)

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Tetro : mon frère, ce Dieu*****

Coppola en grand chef d’orchestre dans un drame familial sublime où se mêle amour et fausse haine. Magistral.

Presque une évidence. Comment aurait-il pu rater son film ? Coppola, bien loin d’Hollywood, devenant d’année en année un auteur indépendant, au parcours inverse de tous les autres cinéastes à succès, revient au cinéma avec Tetro.L’Homme sans Age, guère apprécié, avait pourtant laissé apercevoir la profondeur de la nouvelle vie cinématographique de Francis Ford. Un cinéma audacieux, exigeant, sans la moindre parcelle de hasard.

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Tetro, de Francis Ford Coppola, avec Vincent Gallo, Alden Ehrenreich, Maribel Verdu (U.S.A, Arg., 2h07, 2009)

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Avatar : l’avorton bâclé

Cameron déboule onze ans après Titanic avec ce qui se veut une révolution visuelle. Résultat : une fiction chatoyante, mais incroyablement creuse et clichée.

Voici l’occasion rêvée de régler une bonne fois pour toutes le compte de James Cameron. Ce Canadien à la réputation aussi sulfureuse qu’ambitieuse est souvent considéré comme un cinéaste majeur. Avatar doit en être la preuve ultime. Alors Cameron, c’est ce gros truc bien lourd, mais divertissant que sont Terminator 1 et 2. C’est aussi l’énigmatique True Lies. Mais c’est surtout l’ignoble niaiserie Titanic. Bref du « grand » James, on ne retiendra que le très réussi Alien

Avatar, de James Cameron, avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver (U.S.A., 2h40, 2009)

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À l’origine : bitume en jachère****

L’histoire d’un escroc qui réussit à reprendre un projet d’autoroute. Un acte illégal confronté à la beauté du partage humain. Une bien belle histoire, filmée à hauteur de l’Homme.

Le début n’est guère séduisant. Des plans simples, une lumière banale, on ne sait pas trop où on va. On craint le pire. Cluzet incarne Philippe Miller, un escroc seul avec sa bagnole. Le hasard l’amène à faire croire qu’il va reprendre le chantier d’une autoroute. Celle-ci aurait dû exister il y a des années si le chantier n’avait pas avorté par la pression d’écologistes. Ce qui apparaît comme incroyable est pourtant une histoire vraie. Miller va essayer de réaliser cette route, avec pour but de rafler illégalement la mise. Seulement, il se confronte à la misère humaine.

À l’origine, de Xavier Giannoli, avec François Cuzet, Emmanuelle Devos, Stéphanie Sokolinski (Fra., 2h10, 2008)

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Le Ruban Blanc : étreintes brisantes*****

Une Palme d’or permet à la fois de profiter d’une publicité conséquence et d’être au premier plan des critiques de tout genre. Que vaut le lauréat 2009? Verdict.

À bien des égards, le Ruban Blanc a des points communs avec There Will Be Blood. Son rythme lent permet soit de s’imprégner de l’univers pesant du film et de le trouver splendide, soit de ne pas accrocher et s’ennuyer ferme pendant plus de 2 heures. Il y a aussi cette soif pour le beau plan, souvent fixe, jamais bâclé. Paul Thomas Anderson et Michael Haneke se font un plaisir de garder des éléments sous-jacents, de faire trépigner le spectateur. Violents moralement, âpres voire austères, ces deux films cherchent à choquer, finement.

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Le Ruban Blanc, de Michael Haneke, avec Chrisitant Friedel, Leonie Benesch, Ulrich Tukur (All., 2h24, 2009)

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Un prophète : au plus profond du cinéma français ****

L’attente depuis De battre, mon cœur s’est arrêté fut longue, mais Jacques Audiard revient ! Il livre un véritable monument de cinéma d’auteur : dense, profond, précis. Avec en prime des acteurs flamboyants de noirceur.

 

Injustement critiqué depuis ses premiers longs-métrages, Jacques Audiard a pourtant toujours fait preuve d’une excellente rigueur dans la réalisation. Seulement voilà, trop hybride entre cinéma d’auteur et grand public, trop léché, pas assez tendance, les avis furent parfois sévères. Mais comme la vie est parfois bien faite, tout le monde dans le métier s’est prosterné pour saluer Un prophète.

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