Archives de catégorie : Ciné

La Bobine ! Action !

kohlhaas (Copier)La Bobine, association de Chalon-sur-Saône, présidée par Chantal Thevenot, diffuse des films de toutes les nationalités en VO (originaux et de qualité) au cinéma Axel, cinéma Art et Essai, en partenariat étroit avec son directeur Lionel Chaffiol. Une programmation est établie par trimestre : 2 films par semaine, le lundi et le jeudi avec quelques avant-premières, des interventions de réalisateurs ou équipe du film, des courts métrages… au grand bonheur des 769 adhérents ! Ce premier trimestre est marqué par une forte présence franco-américaine avec 12 films français et 6 américains.

A voir : L’interview vidéo de Chantal Thevenot, présidente de La Bobine et Jean-Luc Chemorin, secrétaire

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Cambodge – Le Sommeil d’Or de Davy Chou

Affiche du film "Le Sommeil d'Or"
Affiche du film « Le Sommeil d’Or »

 

A l’initiative de La Bobine, en partenariat avec Typo, projection, en présence du réalisation Davy Chou, le 14 février, à l’Axel de Chalon (71) du film « Sommeil d’Or.

Le Typo Extramuros Cambodge sera en vente à l’entrée de la salle.

Télérama : « Le sommeil d’Or est la preuve éclatante qu’il est impossible d’éteindre la mémoire du cinéma »

Le Nouvel Observateur : « Le Sommeil d’Or est une révélation »

Les Inrockuptibles  » Le sujet du « Sommeil d’Or » est extrêmement original et fort, d’une audace folle

Venez nombreux

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Clap de fin pour Plan-C

Pendant 2 ans, 7 mois et 1 jour, Alexandre Mathis, qui fit ses premières armes à Typo (missions Auschwitz, Bombay, Maroc, Réunion) nous a dans son blog livré ses analyses, ses critiques de films, 438 critiques, que nous relayions sur Typo… On est tous, ici, tristes de clap de fin pour Plan -C.

Alexandre s’explique…

2 ans, 7 mois et 1 jour. Il fallait que cela cesse. Je ne voulais surtout pas laisser mourir ce blog d’une agonie lente. Plan-c s’arrête. Il restera encore accessible quelques semaines mais plus rien n’y sera publié. Soit un total 554 articles, dont 438 critiques de films. Un endroit de libre expression où, je le promets, j’ai toujours été sincère. Mais voilà, ce blog n’arrive plus à évoluer. Ce lieu m’étrique, me gratte comme un pull usé. Il devient trop lourd, trop futile fasse à l’invasion de plate-formes du même genre. Je ne réponds presque plus à mes commentaires, je ne vais plus en laisser chez les autres (désolé Pascale, bisous).

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http://www.plan-c.fr/
 

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Un fauteuil pour deux

Les bonnes comédies françaises se font rares. Intouchables tient le pari sur un sujet pourtant casse-gueule : la rencontre entre un jeune de banlieue et un aristocrate paraplégique.

Il y avait tout à craindre du projet Intouchables. Driss est un jeune homme de banlieue en réinsertion. Il se voit confier la tâche de devenir l’aide de vie de Philippe, paraplégique après un accident de parapente. Deux raisons à ces craintes : d’abord, c’est adapté de faits réels, ensuite parce que la rencontre de deux mondes est la porte ouverte à tous les clichés. C’était sans compter sur le sérieux du duo Toledano/ Nakache, honnêtes réalisateurs de comédies (Nos jours heureux, Tous ensemble). Le souci du détail permet à la comédie de ne pas se déliter au premier coup de vent. Un peu comme le mental de Philippe, Intouchables est un roseau. Il plie sous le coup de ses faiblesses mais ne rompt jamais pour rester en vie.

Sortie le 2 novembre 2011

Intouchables, d’Eric Toledano et Olivier Nakache, avec Omar Sy, François Cluzet, Anne le Ny (Fra., 1h52, 2011)

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Une autre histoire de violence***

Exemple de film noir intriguant mais qui ne pousse pas assez loin sa prospection sociétale. Toni Servillo donne corps à lui tout seul à cette chronique familiale.

La fuite est-elle un acte lâche ou courageux ? Dans le cas de Rosario Russo, la question mérite d’être posée. Un peu comme dans A History of Violence, ce restaurateur italien expatrié en Allemagne cherche faire oublier son passé de mafieux. Il le fait pour protéger sa famille restée en Italie. Une vie tranquille fait de son héros un gentil patron de restaurant. Une bête blessée toujours féroce s’il s’agit de mordre. Mais là où Cronenberg en profitait pour secouer l’ensemble du modèle américain, Claudio Cupellini se contente d’y broder une intrigue de film noir très classique. Le premier fils vient le retrouver, les affaires tournent mal, le proche entourage se demande pourquoi tant de mystères.

Une vie tranquille, de Claudio Cupellini, avec Toni Servillo, Marco d’Amore, Francesco di Leva (It., 1h45, 2011) – sortie le 3 août 2011

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Le trépas dansant***

Passé l’artificialité des interviews et de la 3D, Pina puise dans sa quête initiatique post-motem une grâce diffuse. Une semi-réussite, plombé par l’hommage respectueux.

Wenders voulait Pina Bausch et la 3D. Il n’aura que la technologie. A peine le tournage entamé que la célèbre chorégraphe rend son dernier souffle. Hommage d’une troupe esseulée, le projet de Wenders se construit sous forme épique. Celle de danseurs dévoués corps et âme à leur maitre. La bonne idée du film consiste à déplacer les éléments dansés avec le monde. Joué sur le mode des saisons qui passent, la première danse initie un cycle à la quête peu visible : se reconstruire seul, que faire de l’enseignement de la grande dame.

[note:3] Pina 3D, de Wim Wenders, avec Pina Bausch, Regina Advento, Malou Airoudo (Fra. All., 1h43, 2011)

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Les parapluies de Sainte-Gudule****

Quel bonheur de retrouver le duo Deneuve/ Depardieu sous l’égide du très bon Ozon. Mais Potiche, en dépit de facilités comiques, a bien plus que cela à faire valoir. So seventies.

Peut-on considérer qu’un film qui vous fait écouter une musique ringarde en sortie de salle est une réussite. Tournée faisait l’effet d’une bombe avec sa BO classe. Plus kitch, le nouveau François Ozon réussi à réconcilier le spectateur avec les horreurs sonores de Michelle Torr et Il était une fois. Il faut dire que dorénavant, on associera Viens faire un tour sous la pluie avec Deneuve et Depardieu en soirée, scène à l’émotion et la poésie splendide. On convoque alors les souvenirs tendres d’un des plus grands couples du cinéma français ; le dernier métro,les temps qui changent mais plus que tout Je vous aime.

 Alors quand Potiche réuni ces deux monstres (au sens tendre) dans une comédie de boulevard, on se délecte. D’autant que le métrage délaisse alors son second degré et sa cocasserie scénaristique. Ozon s’envole, là où il n’y parvenait pas dans 8 femmes. Le cinéaste impressionne plus par ses « petits » films, tendres, près des êtres, tel Les amants criminels et Goutte d’eau sur pierre brulante. Ici, il combine ces aspects d’auteur à un talent pour la comédie populaire. Potiche offre à revoir une époque sur un ton léger et subtil teinté de sentiments aussi ambivalents que dévorants.

Potiche, de François Ozon, avec Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Fabrice Luchini (Fra., 1h50, 2010)

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L’enfance nue****

Le cheminement adolescent conduit parfois aux pulsions les plus morbides. Des filles en noir explore avec justesse le problème du suicide et du sentiment d’abandon.

Surement bercé par la virtuosité des portraits d’écorchés vifs de Gus Van Sant (Paranoïd Park, Elephant), Jean-Paul Civeyrac livre Des filles en noir, tableau baudelérien de deux lycéennes mal dans leur peau. Un trouble plus profond que la majorité des camarades puisque Priscilla et surtout Noémie pensent au suicide. Si leur cas peut sembler un peu isolé en terme de sociologie dans le film, les chiffres récurent sur le suicide des 15-25 ans rappellent vite que cette épine est un soucis majeur des sociétés dites développées.

Des filles en noir se concentre sur le duo mais n’oublie jamais l’environnement. Le film s’ancre dans un réalisme social parfaitement dessiné, sans jamais se revendiquer comme une photographie sociétale. On y voit un peu de tout, parmi les élèves ou les adultes, tout en évitant d’offrir un panorama exhaustif Civeyrac puise du coup son énergie dans une France d’aujourd’hui, pas délimitée précisément mais dont on comprend que l’on suit des gens modestes, celle des classes moyennes trop souvent silencieuses. Pas besoin de revenir éternellement dans la salle de classe, quelques situations dans les couloirs, une présentation d’exposé et toute l’ambivalence et l’hétérogénéité des adolescents se ressent.

Des filles en noir, de Jean-Paul Civeyrac, avec Elise Lhomeau, Léa Tissier, Elise Caron (Fra., 1h25, 2010)  sortie le 3 novembre

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la bourse et la vie*

L’économie libérale dénoncée par Oliver Stone acte 2. Toujours avec Michael Douglas et toujours avec un manque criant d’inspiration artistique.

On appellera pas ça un cinéma subtil. Oliver Stone, en dépit d’une filmographie qui fait blêmir nombre de fans, n’a jamais été un auteur des plus malicieux. Souvent aime t-il les grands sujets, le grandiloquent. Ça réussit parfois comme dans Platoon et surtout son meilleur film l’Enfer du dimanche. Mais trop souvent, ça vire à l’écrasante litanie américaine, souvent bien pensante, par moment vaines. Alexandre constituant sans nul doute le bas fond de son cinéma. 23 ans après le premier Wall Street, Michael Douglas reprend son rôle de Gordon Gekko. Sorti de prison, il se présente comme un homme changé, raille les attitudes suicidaires des spéculateurs. Wall Street : l’argent ne dort jamais est né. 

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Wall Street : l’argent ne dort jamais, de Oliver Stone, avec Shia LeBeouf, Michael Douglas, Carey Mulligan (U.S.A., 2h11, 2010) – sortie  le 28 septembre

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La Science des Rêves*****

Dans Inception, le déjà très bon Nolan pousse dans ses retranchements son style noir dans un thriller paranormal où le rêve ronge la réalité. Une claque totale, sans temps mort, une œuvre froide et parfaite.

Le rêve exploré au cinéma se passe souvent à sens unique. Le conscient vient influer sur le subconscient. L’exemple le plus frappant s’appelle la Science des rêves. À l’image du film de Gondry, le sujet passionne mais l’endormissement peut aussi jouer en sens inverse, à savoir que le rêve vienne perturber le réel jusqu’à flouter les frontières entre ses mondes. Par définition, le subconscient se résume à une passerelle entre conscience et inconscience. Dark City voire Matrix à leurs manières suggéraient la même chose. Mais étonnamment, le film qui illustrerait le mieux l’influence du rêve sur le réel serait Freddy les griffes de la nuit, où quand il vous tuait en rêve, il vous trucidait pour de bon. Inception part un peu du même principe.

Inception, de Christopher Nolan, avec Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard, Ellen Page (U.S.A., Brit., 2h28, 2010)

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Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec : gueule de bois

  Adaptation fainéante et sans saveur de la BD de Tardi, Adèle Blanc-Sec nous prouve bel et bien que Besson n’en a rien à faire de ses projets.

Étrange rencontre que de voir Luc Besson, spécimen droitiste ultra-libéral adapter la bande-dessinée de Tardi, sorte d’anarchiste déjanté et bougon. Le premier maitrise sa communication, paraît omniprésent, le second, plus discret, s’est surtout fait un nom dans le milieu par son talent. Adèle Blanc-sec, femme résolument moderne du début du XXème siècle, est une sorte de Tintin parisienne, aux aventures à la Indianna Jones. Du grand spectacle, des personnages calibrés, parfait pour Sieur Besson qui s’est jeté la tête la première. Alors comment expliquer le bide retentissent. Et bien peut-être déjà parce que Besson, largement surestimé, ne peut prétendre au statut de grand réalisateur. On pourra toujours me rétorquer que Léon, Le Grand Bleu ou Nikita étaient de bonnes facture et ça serait vrai, mais sans commune mesure avec des pointures aussi différentes qu’un Salvadori ou qu’un Burton.

Les aventures extraordinaire d’Adèle Blanc-Sec, de Luc Besson, avec Louise Bourgoin, Gilles Lellouche, Mathieu Amalric (Fra., 1h47, 2010)

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Le Guerrier Silencieux****

Immersion surréaliste dans la furie viking sur fond de rédemption et d’identité nouvelle. Une expérience visuelle rare qui risque d’en rebuter plus d’un. Et pourtant…

Il convient de prévenir tout de suite le lecteur, le Guerrier silencieux (Valahlla Rising en version originale) n’est pas le genre d’expérience à mettre entre toutes les mains. A en juger par les diverses clameurs de la salle de cinéma, le dernier délire de Nicolas Winding Refn envoute, dégoute, passionne ou ennui mais ne laisse jamais indifférent. Le danois est un spécialiste du genre. Déjà avec sa trilogie Puscher et plus récemment Bronson, il suscitait le débat tant son art brise le mode opératoire habituel. Pourtant, comme Tarkovsky et Kubrick en leurs temps, Refn réinvente partiellement le cinéma.

Pourquoi Tarkovsky et Kubrick en exemple? Simplement car Le Guerrier silencieux puise en eux une forme de perfection formelle alliée à une violence et une immersion scénaristique comme rarement on en voit. Nous voilà perdu dans l’immensité embrumée des terres scandinaves à une époque où les vikings luttent contre l’évangélisation chrétienne. One-Eyes (Mads Mikkelsen), guerrier impitoyable borgne et muet, parvient à échapper au Barde, un chef de clan sanguinaire, pour s’engouffrer vers un destin bien mystérieux. Refn tente de nous embarquer dans un enfer scandinave, inspiré par la poésie mystique que le Moyen-Age nous a transmis. Difficile de rentrer tête baissée dans le Valahlla du film sans une concentration de tous les instants. Le cadre habituel change, rien que dans cet entame, où l’on part d’un plan très large dont on aperçoit un enfant qui amène à boire à un prisonnier, la fameux One-Eye. Par un faux-raccord volontaire, le borgne passe d’un état d’enfermer dans une cage à celle d’homme en dehors des barreaux. Tout le long, le cinéaste se plait à jouer avec cet état d’enfermement et de fausse liberté. Les personnages espèrent la liberté d’une autre terre alors que paradoxalement, ils se cloitre dans un futur plus sombre. Passionnant !

Le Guerrier Silencieux, de Nicolas Winding Refn, avec Mads Mikkelsen, Maarten Steven, Jamie Sives (Brit., Dan., 1h30, 2010)

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The Ghost Writer : Polanski resplendissant dans le noir****

Sous ses apparats académiques, The Ghost Writer révèle des trésors de tensions et de maîtrise de mise en scène. Une vraie bombe.

Ne pas se fier à la bande-annonce austère, ni au prétendu classicisme de son intrigue, le dernier Polanski s’avère déjà une référence. Achevé depuis sa prison suisse, le franco-polonais concocte une pure trame de film noir. Au cœur de l’intrigue : suspicion, tromperie, manipulation en hauts lieux, conséquences politiques. Plutôt que de le comparer à un autre long-métrage, on pense surtout à la saga de jeux vidéos Metal Gear Solid. Comme dans la création de Konami, concentré faramineux de références au 7ème art, le successeur d’Oliver Twist plonge le spectateur dans une ambiance malsaine, où chaque regard peut dissimuler un mensonge, où la vérité semble dangereuse.

Adam Lang (Pierce Brosnan), politicien britannique se retrouve embarqué dans un procès pour crime contre l’humanité. L’ancien premier ministre est accusé d’avoir initié la guerre en Irak, utilisé des méthodes de tortures et arrangé ses amis américains. Au milieu de ce foutoir, un ‘nègre’, en anglais ghost writer (traduction littérale « l’écrivain fantôme »- c’est quand même plus classe !) incarné par Ewan McGregor, époustouflant. Après avoir joué un homo au regard tendre dans I Love You Phillip Morris et au moment où sort le prometteur Les Chèvres du Pentagone, le voilà dans l’un de ses meilleurs rôles. Alors que l’on croit qu’il va se faire dévorer dans un premier face à face avec Lang/Brosnan, on se rend très vite compte que c’est son personnage qui capte toute l’attention. L’ex-James Bond, comme l’ensemble des autres seconds rôles ne font presque qu’acte de figuration de qualité. On découvre tout de même Olivia Williams, comédienne surprenante et touchante.

The Ghost Writer, de Roman Polanski, avec Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Olivia Williams (Fra., 2 h 08, 2010)

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Shutter island, l’île mystérieuse

Retour du duo Scorsese/DiCaprio pour un thriller fascinant à défaut d’être parfait. Encore une performance de haute volée de Leonardo qui met en valeur à lui tout seul toute la subtilité psychologique du film.

Le cinéma de Martin Scorsese revient de loin. Insignifiant il y a encore 10 ans, il peut dire merci à DiCaprio d’être venu le sortir de son coma éveillé. Quatrième collaboration entre les deux hommes avec Shutter Island. Premier plan magistral d’un ferry qui sort de la brume, où le marshal Teddy Daniel (Leonardo DiCaprio donc) se remet difficilement de la houle. Prémonitoire malaise face au déluge de révélations nauséeuses qui attendent cet homme. Aidé de son collègue Chuck Aule (Mark Ruffalo, transparent), les voilà à enquêter sur la disparition d’une certaine Rachel, évadée de la prison de Shutter Island.

Ce bout de terre si mystérieux n’est pas sans rappeler L’île noire de Tintin, roche coupante et allure sombre où la tempête n’est jamais loin. Ambiance lourde, personnel au visage grave, tout de suite, le malicieux marshal sent que son enquête va se révéler douloureuse. Cette atmosphère pesante n’est pas sans rappeler les phobies de Polanski de l’exiguë ou la tension narrative d’Hitchcock. À la différence d’un Tarantino qui laisse une place immense à la référence cinéphile, Scorsese se plaît à distiller ici et là ses influences, jamais ostentatoire, mais belles et bien présentes. Shutter Island se veut une plongée dans le film noir américain façon année 50. Malin quand on sait qu’il fut catalogué de fer de lance du nouvel Hollywood.

Shutter Island de Martin Scorsese, avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley (U.S.A., 2h17, 2010)

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I Love You Phillip Morris : Carrey tombe le masque***°

Après maintes difficultés de distributions, le mélo-comique gay I Love You Philip Morris sort enfin. Une bien belle réussite colorée et drôle.

 Ne nous méprenons pas, l’histoire vraie de Steven Russel n’est en rien une histoire poignante sur la condition gay aux États-Unis. Pourtant, en plein débat sur la proposition 7, autorisant le mariage homosexuel, le film s’est retrouvé l’an dernier au cœur d’une tempête médiatique. Personne ne voulait le distribuer jusqu’à ce que le chevalier blanc Luc Besson ne s’en charge. Et, une fois n’est pas coutume, nous pouvons lui dire merci.

Le film narre plus les errements d’un arnaqueur follement amoureux que le parcours accidenté d’un homme en recherche d’identité. I Love You… se rapproche parfois de la comédie romantique un peu nian-niante mais sort la tête de l’eau avec un rythme comique délicieux. Ne vous fiez pas à l’affiche française horriblement criarde ; haut en couleur ne signifie pas kitch. Le long-métrage s’attarde en revanche sur le goût prononcé de Russel pour le clinquant, le reluisant, le soyeux.

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