Archives de catégorie : Roumanie

Edito

Typo est une action de presse lycéenne de lAcadémie de Dijon. Elle permet de donner aux lycéens des quatre départements bourguignons un espace dexpression libre et responsable. Ainsi, ils produisent des articles, des séquences télévisuelles visibles sur le site web e-typo.org et une page mensuelle dans les quatre titres de la presse quotidienne départementale, soit un potentiel de 500.000 lecteurs. Les typoïstes sont aussi amenés à travailler en temps réel, en couvrant par exemple les deux premiers salons de lEducation à Paris…
Cette action unique na pu avoir lieu quavec le soutien actif du rectorat et la contribution de la Drac, des villes de Chalon, Nevers, Dijon et de la direction départementale de la Jeunesse et des Sports de la Nièvre.
Le nouveau projet « Typo francophone » ne pouvait commencer quavec nos amis roumains francophiles, eux qui ont retrouvé, en 89, après 40 ans de dictature, leur liberté. Par ce « Typo extra muros », les jeunes prouvent, une fois de plus, leur capacité à créer, à sengager. Lécole, quant à elle, joue pleinement, dans un monde hyper médiatique, son rôle déducation aux médias, cest-à-dire de formation des citoyens de la République.

Errants à quatre pattes

Seuls et affamés, ils tentent de survivre dans le froid des villes où personne ne veut d’eux… Qui sont-ils? Les milliers de chiens errants qui se promènent dans les rues de Roumanie.
Le meilleur ami de l’homme, soi-disant… Il semble que l’homme l’ait un peu laissé tomber.
Ils sont 300.000, à Bucarest, à errer ainsi sans but. Au vu des problèmes dont ils sont la cause (morsure des passants, maladies), le nouveau maire a voulu les exterminer. Les habitants se sont alors révoltés.
Mais est-ce vraiment utile de laisser vivre ces bêtes dans des conditions misérables, mourant de faim sans que nul n’y prête attention?
Certes, après la décision du maire, de nombreux chiens ont été adoptés. Mais combien de temps faudra-t-il pour qu’ils soient de nouveau dans les rues?
A Timisoara, on ne les remarque presque pas, tapis dans l’herbe. On s’habitue vite à eux. Rien n’a été décidé quant à leur sort. Ils mériteraient certainement d’autres conditions de survie.

Mendicité: une institution?

Enfants de la rue

La mendicité est un fait de société marginal en France, au plus de quoi occuper les esprits quand les températures deviennent négatives.
En Roumanie, il s’est développé une autre forme de mendicité, beaucoup plus dérangeante pour nos esprits européens: celle des enfants!
Il faut toutefois distinguer deux types de gamins des rues: ceux qui sont envoyés par leurs parents, et les autres, qui sont livrés à eux-mêmes. La différence qui les sépare est mince: ils triment tous toute la journée pour quelques lei. La concurrence est rude, il faut inspirer pitié. Ceux qui ont encore leurs parents sont employés comme des parcmètres, que l’on vient relever chaque soir.
Au détour d’une rue, nous croisons une petite fille demandant la charité. Comme on lui glisse deux mille lei (moins d’un franc), elle commence à raconter son histoire: amputée d’une jambe suite à une collision avec un tramway, elle achète ses bandages grâce à des dons. Voyant l’intérêt que nous lui portons, elle n’hésite pas à « allonger la sauce »: sa soeur est à l’hôpital en face, elle souffre d’une grippe. Ses parents viendront ce soir empocher le montant de la journée, elle ne dormira pas dehors.
Les autres gosses n’auront pas cette chance. A Timisoara, on compte une cinquantaine de gamins livrés à eux-mêmes. Ils ont entre dix et vingt ans. La plupart se sont enfuis de chez eux. Ils proviennent de familles éclatées, ont été victimes de mauvais traitements, de l’alcoolisme de leurs parents, d’agressions sexuelles. Ils squattent les endroits stratégiques de la ville en sniffant de la colle, ou plus exactement un mélange de colle et de laque argentée pour métaux. Une défonce bon marché qui brûle les neurones et aide à supporter l’intolérable: pauvreté extrême et hygiène inexistante.
La rue est une jungle où les petits sont exploités par les gros, la survie est difficile. Leur espérance de vie est limitée. La police fait ponctuellement des rafles parmi ces gosses des rues, qu’elle place dans des centres d’accueil. Les centres privés, financés par des capitaux étrangers, leur offrent une structure confortable avec des soins, leurs repas assurés, des vêtements, des lits… Mais tout cela est trop pour ces enfant qui, n’ayant plus leur place dans la société, préfèrent s’enfuir. La rue, malgré la liberté qu’elle leur offre, en a fait des asociaux dont la réinsertion est illusoire.

« Bienvenue dans la vraie Roumanie »

Un long couloir, des portes entrouvertes qui laissent apparaître des corps affaiblis allongés sur des lits paraissant surgir d’une autre époque, du blanc à perte de vue…Au bout de ce couloir, les illusions, les émotions, les espoirs se confondent puis s’échappent subitement. La porte s’est ouverte. Une voix d’adulte nous atteint en plein coeur: « Bienvenue dans la vraie Roumanie ». Continuer la lecture de « Bienvenue dans la vraie Roumanie »

Loin… de Dickens

Impressions

En Europe de l’Ouest, on réduit la Roumanie à ses Tziganes et ses prostituées. Personne ne songerait à y passer sa lune de miel. Et pourtant, ce pays gagne à être connu, tant les gens y sont accueillants et la vie agréable. La Roumanie souffre d’une mauvaise image car les reportages n’en montrent que les côtés négatifs: orphelinats à la Dickens, trafic de drogue, traite des blanches, rien ne lui est épargné. Et pourtant on aimerait y passer sa vie.
Le plus frappant à Timisoara, c’est le peu d’activités touristiques et le manque d’hôtels. Mais la ville n’en est pas moins jolie, au contraire: c’est plutôt inattendu de ne pas se faire agresser par des vendeurs de poteries locales ou de tee-shirts à l’effigie des armes de la ville.
Ce qui est moins agréable quand on s’y promène, ce sont les croix gammées qui s’étalent sur les murs: comme bien souvent en Europe de l’Est, on est passé d’un extrême à l’autre après la chute du bloc soviétique. On aperçoit aussi la faucille et le marteau, reflets d’une certaine nostalgie du communisme. Mais on ne ressent pas ici le fatalisme qui frappe presque tous les pays de l’Est, bien que la situation économique soit alarmante.
Au contraire, les Roumains croient énormément en l’Europe. Pour eux l’avenir ne peut être que meilleur. Même si leur niveau de vie est peu élevé, ils ne se posent pas en victimes et parlent souvent avec humour de l’époque de Ceausescu. Les gens que nous avons rencontrés prenaient beaucoup de recul pour évoquer cette période. On nous a dit que nous avions été objectifs dans nos observations sur la Roumanie, mais nous n’avons fait que rendre cette objectivité que nous avons ressentie partout.
Néanmoins, si la corruption est le nouveau fléau de ce pays, je n’ai pas pu m’en rendre compte. Ce qui est sûr, c’est qu’on y parle encore la langue de bois, même s’il s’agit d’aborder des sujets anodins avec des journalistes en herbe. Mais ceci est un détail: on y retournerait tout de même avec plaisir.

Une chance de réinsertion

Fondation Rudolf Walther

Ils habitent environ à quinze dans de petits pavillons d’aspect extérieur blafard et monotone, mais pleins de couleurs lorsqu’on passe la porte. Les murs ont été peints par les classes de l’Ecole des Beaux-Arts. Dans les chambres, les lits sont couverts de peluches, les murs blancs sont cachés par les posters… La fondation allemande Rudolf Walther, créée en 1994, reçoit des jeunes de trois à vingt ans qui ne peuvent pas avoir de vie familiale normale parce qu’ils ont été abandonnés, ou parce que leurs parents ne pouvaient pas assumer leur éducation. Ce centre accueille actuellement 176 jeunes, filles et garçons étant séparés. On perçoit immédiatement les différences entre cette fondation subventionnée par des capitaux allemands, où tout est mis en oeuvre pour offrir un séjour agréable à ces pensionnaires (qui pour certains restent ici des années) et les centres roumains aux bâtiments délabrés, où les normes d’hygiène ne sont pas toujours respectées et où aucun effort n’est fait pour intégrer les jeunes dans la société. Les enfants accueillis à la Fondation Rudolf Walther y sont placés par la Direction départementale pour la protection de l’enfant. Seuls sont admis ceux qui ne souffrent pas d’un handicap mental (avant leur entrée, ils subissent un test de QI pour déceler ces éventuelles infirmités) et qui ne sont pas atteints d’une maladie grave comme le sida.
Chaque enfant est parrainé par une famille allemande qui finance sa scolarité, son logement…
Cette mesure de protection est temporaire: après six mois, on regarde si l’enfant peut retourner dans sa famille. Mais dans la plupart des cas, ce délai est trop court, et certains d’entre eux restent dans le centre de trois à dix-huit ans.
La Fondation a recueilli beaucoup d’enfants des rues qui n’étaient pas habitués à vivre dans de telles conditions, et qui, pour la plupart, ont rapidement fugué. Aujourd’hui tous bénéficient d’une aide psychologique. Quand ils fuguent, le centre fait appel à la police pour les retrouver. Mais ces recherches restent toutefois difficiles, les jeunes ne possédant pas de papiers d’identité.
Après dix-huit ans, les pensionnaires peuvent être accueillis par un autre centre, étape de transition avant la vie d’adulte indépendant.
Adrian, tout juste majeur, est pensionnaire depuis 1995 à la Fondation car sa mère, divorcée avec trois enfants à charge, ne pouvait plus subvenir à ses besoins. Le jeune homme, qui suit une formation dans l’automobile, entame sa dernière année au centre. « Au début, j’ai eu du mal à m’habituer à la vie de la Fondation, mais maintenant ça va mieux. Je suis bien conscient que je suis privilégié car tous les centres n’ont pas autant de moyens. J’ai par exemple le droit de rendre visite à ma famille quand je veux, mais je préfère rester ici durant les fêtes par exemple. On est plusieurs dans ce cas et on reste tous ensemble. L’année prochaine, j’irai dans un centre pour les jeunes de plus de 18 ans. »

Groupes à la page

Ces dernières années, la musique en Roumanie s’est beaucoup développée. De nombreux groupes ont commencé à s’inspirer des musiques des pays étrangers. Des groupes comme « Bug Mafia » ou « La Familia » ont chanté en présentant la vie très dure des banlieues.
Ce genre de musique a ouvert le coeur de quelques personnes mais a aussi provoqué la nausée chez d’autres. Une multitude de musiciens ont suivi l’exemple de « Bug » et « La Familia » en créant leur groupe mais n’ont obtenu de succès que dans leur quartier.
En Roumanie on peut trouver aussi différents types de musique: Free Style, Disco, House et Techno. Les Roumains sont arrivés à comprendre le style et le message de la musique. En ce qui concerne les statistiques des ventes, le groupe le plus écouté de Roumanie, « 3 Sud-Est », chante de la dance. Ces groupes sont apparus après les événements de 1989 puisque avant nous n’avions pas le droit d’écouter de la musique occidentale. On peut donc justifier cette explosion musicale par la pénurie existant avant la révolution. Cependant la concurrence est devenue de plus en plus rude.

Je t’aime moi non plus

C’est une comédie dynamique et alerte qu’ont jouée les jeunes acteurs roumains du lycée Calderon. Cette pièce, ils l’ont interprétée en français! Elise est mariée à Paul mais elle a un amant qui a lui-même une maîtresse (la même que Paul). Paul est le meilleur ami de l’amant de sa femme. Quel vaudeville lorsqu’ils se retrouvent tous confrontés à des invités de marque comme le membre d’une secte ou le voisin du dessous qui les somme de faire moins de bruit car sa femme regarde son émission de télé préférée! Quel sac de noeuds! Heureusement, ils vont s’en sortir mais non sans difficultés. Des comédiens excellents, une professeur de français improvisée metteur en scène très satisfaite: le rideau est tombé sous un tonnerre d’applaudissements. Une vraie performance théâtrale et une véritable prestation francophone.

La der de Hagi

Au soir du mardi 24 avril 2001, toute la Roumanie était en deuil: le Maradona des Carpates, alias Gheorghe Hagi, star des stars du ballon rond national, jouait son dernier match. Tout le pays était devant son poste de télévision pour assister à ce jubilé, les rues étaient désertes.
L’équipe nationale roumaine emmenée par la star du jour a concédé chez elle, à Bucarest, le match nul 2 à 2 face à une sélection mondiale composée d’amis de Hagi. Malheureusement pour ce dernier et ses fans, il n’a pas marqué.

Informer pour préserver

Dans un pays où la drogue, le sida et les grossesses non désirées restent un problème très important, voire majeur, on s’est vite rendu compte de la nécessité d’informer la population des risques qu’elle encourait si elle ne se protégeait pas.Mais la création des centres de planning familial qui ont un rôle préventif et médical, a été longue et très laborieuse.Ces structures de prévention sont toujours confrontées à des problèmes de communication. Continuer la lecture de Informer pour préserver

Liberté d’enseigner retrouvée

Le temps où le parti communiste imposait des programmes à la gloire du régime et du Conducator Ceauscu et freinait l’apprentissage des langues étrangères, est bien fini. Le système éducatif roumain se rapproche des systèmes européens.Mais l’école manque chroniquement de moyens pour faire accéder le plus grand nombre, et notamment les populations rurales, au savoir et à un futur métier. Continuer la lecture de Liberté d’enseigner retrouvée

Les jeunes Roumains et la politique

Les jeunes Roumains sont très intéressés par la politique, en général, et surtout par la politique économique de leur pays.
Quand j’affirme cela, je pense particulièrement au fait que, malheureusement, dans les onze ans qui ont passé depuis la Révolution de décembre 1989 ce sont surtout des aspects négatifs de la vie de l’Occident qui sont entrés en Roumanie.
Ces aspects qui existaient pendant le communisme aussi, mais ont été médiatisés après la Révolution de 1989 comme: les drogues, les enfants de la rue, la prostitution, le chômage, l' »inutilité » des gens de plus de 35-40 ans qui ne sont plus acceptés au travail (tout spécialement dans les entreprises étrangères implantées en Roumanie).
Je considère ces aspects comme une violation des droits de l’homme dans le cadre du travail, de la démocratie en général. Quand je lis des offres de travail dans lesquelles une des conditions est qu’on ne doit pas dépasser l’âge de 35 ans, ça me révolte! Les Roumains ne se sont pas encore revenus du choc de l’impact avec les nouveaux aspects du monde occidental.
Je ne peux pas dire qu’en Roumanie ne sont pas entrés des aspects positifs pour l’économie de marché. Malheureusement le nombre de ceux qui se sont impliqués et ont une bonne situation matérielle est extrêmement petit.
Ils ont réalisé que l’Occident n’était pas si merveilleux qu’on l’avait cru pendant le communisme.
Les jeunes ont senti eux aussi les besoins de leurs parents qui avaient perdu leurs postes et avec cela la famille entière a perdu les possibilités matérielles de vivre décemment, parce que, en Roumanie l’aide au chômage est de seulement 1,5 million de lei (64 euros, soit 420 francs) et les charges, chaque mois, pour entretenir un appartement avec deux chambres sont de plus de 800.000 lei (30 dollars soit 229 francs).
Par les organisations de jeunes, les partis politiques de Roumanie essaient d’attirer la nouvelle génération qui comprend et accepte mieux les nouvelles conditions de la société actuelle, la nouvelle mentalité. Le résultat est qu’aux dernières élections générales de novembre 2000, beaucoup de jeunes sont entrés au Parlement.
L’année passée les facultés des sciences-politiques de tous les centres universitaires ont été « envahies » par les jeunes. Par exemple, onze candidats se présentaient pour une place au concours, ce qui démontre tout l’intérêt de la jeune génération pour le futur politique et économique de la Roumanie.
Les jeunes représentent la classe sociale qui perçoit mieux les avantages de l’intégration de notre pays dans l’Union européenne, parce que la Roumanie, d’un point de vue géographique, fait partie de l’Europe et il est nécessaire qu’elle en fasse partie aussi d’un point de vue économique, chose impossible sans l’aide de l’Union européenne.
En conclusion, mon avis personnel est que la nouvelle génération sera celle qui finira la longue période de transition et changera en bien le futur de la Roumanie, elle oubliera le passé communiste.
Nous sommes seulement au début de la démocratie et nous avons encore beaucoup à apprendre.