Archives de catégorie : Mali

Association Bourgogne-Mali : une exposition à Daix (21) pour « casser les stéréotypes »

Soucieux de casser les stéréotypes, d’éduquer à la réalité de l’Afrique, et en particulier du Mali : sa géographie, son histoire, sa culture, son développement ,ses ethnies, Mary Montagne, présidente de l’Association Partenariat Nord-Sud Bourgogne-Mali ne pouvait que répondre favorablement à la proposition de Magali Fiatte, responsable de la bibliothèque municipale de Daix (21). Ainsi, entre les rayons chargés d’ouvrages habituels, les lecteurs peuvent découvrir une  exposition consacrée au Mali, sous toutes ses facettes. Une exposition proposée par l’association dijonnaise et agrémentée d’ouvrages issus du fond de la bibliothèque. Il n’en fallait pas plus pour que Eric Lelabousse, directeur de l’école élémentaire de Daix associe ses élèves de CM2 au projet en faisant visiter l’exposition temporaire par sa classe de CM2,  déjà sensibilisés à la question en amont. En effet, Mary Montagne a déjà effectué des séances de sensibilisation auprès des écoliers.

Retour cette exposition à travers notre reportage vidéo.

N’est pas cousin qui veut

« Tu es mon esclave, tu ne mérites pas d’être face à moi, espèce de chien ! » Un peu brut, pour la première rencontre de la journée… c’est pourtant le salut ordinaire entre deux « cousins » dans les rues de Bamako. C’est que la formule est empreinte d’ironie : entre « cousins de plaisanterie », on a le droit de se « charrier ».
En fait, ce cousinage n’est pas un lien de parenté, mais exprime les relations, parfois très codifiées, entre les différentes ethnies, caractérisées par leurs noms patronymiques, ou diamou. « Moi je m’appelle Diawara, je suis un Soninké. Quand je rencontre quelqu’un qui s’appelle Coulibaly, je sais que c’est mon cousin et qu’il est Bambara », explique ainsi Issa.
Initialement, les Bambaras étaient un peuple d’agriculteurs, qui avaient refusé de se soumettre aux autres ethnies, alors que les Soninkés (ou Sarakollés) comme Issa, étaient des colporteurs et de vaillants guerriers, fondateurs du puissant empire du Ghana : c’est pourquoi les Soninkés sont aujourd’hui encore souvent considérés comme « dominants ».
Le cousinage traduit amitié et respect, mais rappelle surtout les liens hiérarchiques passés entre castes. Ainsi lorsqu’un Coulibaly et un Diawara se rencontrent, le premier doit le respect au second, qui est issu d’une caste supérieure, dit d' »hommes libres ». Les liens de cousinage sont restés si forts qu’aujourd’hui encore, les cousins se doivent assistance mutuelle. « Si ton cousin n’a plus d’argent et qu’il vient t’en emprunter, tu es obligé de lui en donner, quitte à vendre ta voiture et toutes tes affaires pour lui », explique Mah Diarra Sanogo, une lycéenne de Bamako. Ce qui peut entraîner d’étranges arrangements : « si tu as un accident de voiture, et qu’au moment d’écrire le constat, tu te rends compte que tu es le cousin de l’autre conducteur, alors personne n’est en tort, vous n’avez pas besoin de constat. Parce que c’est ton cousin, tu ne dois pas le poursuivre en justice, c’est comme ça ! » ajoute-t-elle.
Les relations de cousinage trouvent leurs explications dans les légendes et les traditions ancestrales : c’est lors du partage des terres par Soundjata, le fondateur du Mali (au début du XIIIe siècle après J.C.), qu’ont été définis les liens interethniques dans cette région d’Afrique. Ainsi les légendes veulent qu’un Bozo, voyant un Dogon mourir de faim, lui aurait donné un morceau de sa cuisse pour le nourrir. Depuis ce jour Bozo et Dogon ne peuvent plus se marier mais gardent une amitié profonde.
Mais le cousinage entre ethnies n’est pas la seule manifestation, en Afrique, d’une conception bien particulière de la famille : lorsque deux filles s’entendent bien, l’une devient rapidement la « mère » de l’autre, sa « femme », ou pourquoi pas sa « tante ». Ces appellations sont d’avantages utilisées par les filles que par les garçons. Ainsi Mah Diarra a plusieurs « filles » au lycée, qui ne sont autres que ses copines de classe, et compte également plusieurs « femmes », en fait ses rivales en amour. De même, on peut appeler « père » ou « grand papa » tout homme âgé, en signe de respect, et tout ami peut facilement devenir un « frère » : dans la société malienne, le lien de parenté est une notion bien plus floue que dans nos sociétés occidentales.

Villages-perchoirs

A plus de 150 mètres au-dessus du sol, la falaise du pays Dogon abrite les restes d’habitations troglodytes, érigées par les ancêtres des Pygmées, les Tellems. Ces minuscules constructions de briques, abandonnées au XVe siècle à l’arrivée des Dogons, abritent aujourd’hui des cimetières sacrés. Leur histoire reste des plus mystérieuses. Continuer la lecture de Villages-perchoirs

Aider intelligemment

« Nous ne voulons pas donner purement et simplement, mais faire réagir les gens pour leur propre bien ». Depuis 1986, l’organisation non gouvernementale (ONG) Via Sahel s’attache aux problèmes majeurs du Mali, en dotant les villages de puits, d’écoles et de dispensaires médicaux, et en apportant une aide alimentaire. Basée à Sangha, cette ONG malienne, en grande partie financée par des dons français, opère essentiellement dans le pays Dogon. Continuer la lecture de Aider intelligemment

Foot et rap contre les maladies

De l’excision à la vaccination en passant par le traitement du paludisme, le Centre national d’information, éducation et communication pour la santé (CNIECS) n’a qu’un mot d’ordre : sensibiliser. Il s’adresse en particulier aux jeunes, par des actions extrêmement ciblées, qui utilisent parfois le football et le multimédia pour plus d’impact sur cette population. Continuer la lecture de Foot et rap contre les maladies

Mémoire vivante

La transmission orale est l’affaire de tous, surtout lorsqu’elle doit se répercuter sur l’éducation des enfants. Même si la famille reste évidement la première impliquée, la place des griots est essentielle : véritables professionnels de la parole, ils ont véhiculé la tradition africaine à travers les siècles. Continuer la lecture de Mémoire vivante

Salades de fin de mois

A Kati, on n’est ni vraiment à la ville, ni à la campagne. Qu’ils soient artisans, commerçants ou fonctionnaires, de nombreux habitants s’adonnent en plus à une activité censée leur apporter un complément de revenu : le maraîchage. Auparavant une activité très courante, la culture des légumes est devenue, par manque de temps, un passe-temps pour arrondir les fins de mois. Continuer la lecture de Salades de fin de mois

“ On ne s’exile pas pour le plaisir ”

Chaque jour, la même scène se reproduit devant le consulat de France, une file de prétendants à l’émigration s’étend tout au long de la journée. Sous le soleil de Bamako, chacun de ces anonymes rêve d’avoir le visa qui leur permettrait de tenter leur chance ailleurs. En parallèle de “ la voie légale ”, des filières clandestines attirent malgré des prix exorbitants les candidats au départ. Les gouvernements malien et français tentent de mettre sur pied une lutte coordonnée contre l’immigration clandestine. Continuer la lecture de “ On ne s’exile pas pour le plaisir ”

Douce France !

Il n’est pas un Malien qui n’ait un proche ou une connaissance ayant tenté, au moins une fois dans sa vie, de rejoindre la France, avec plus ou moins de succès d’ailleurs. Il y a encore une dizaine d’années, c’était le pays à atteindre pour un habitant de Bamako ou de Ségou. A l’espoir de l’Hexagone, les étudiants et les intellectuels ont cependant substitué aujourd’hui le rêve américain. Continuer la lecture de Douce France !