Archives de catégorie : Déportation

Sarah Montard : dix ans après, l’étoile brille toujours

À 87 ans, elle se déplace désormais avec difficulté, mais n’a rien perdu de son enthousiasme et de sa capacité de révolte. Dix ans après notre voyage à Auschwitz, nous avons retrouvé chez elle Sarah Montard, ancienne déportée qui nous avait accompagnés dans les camps pour raconter l’indicible. Entre bonheur des retrouvailles et réflexion sur le souvenir, récit d’un voyage dans le temps gorgé d’espoir.

Voir le Typo Extramuros consacré à la Déportation et le film de 52 minutes sur Sarah – 2005

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Si c’est femme…

15 avril 1945, Sara et sa mère sont libérées du camp de Bergen Belsen. 326 jours après avoir été arrêtées. Une éternité. Lorsque Sara arrive en France, elle pèse une quarantaine de kilos, elle a eu le typhus « comme cadeau d’anniversaire », elle a reçu la cervelle d’une jeune fille sur la figure, elle a été humiliée quotidiennement, elle a eu faim. Elle débarque avec sa mère dans une France libre mais écorchée vive et peu encline à reconnaître ces prisonniers si spéciaux. La réadaptation à la vie se fait difficilement. Sara va mettre près de quarante ans à rompre un silence encombrant. Continuer la lecture de Si c’est femme…

Le quotidien de l’horreur

24 mai 1944, Sara et sa mère sont arrêtées par les policiers français. De Drancy, camp français, elles sont transférées à Auschwitz-Birkenau en Pologne. Sara raconte le travail forcé, les humiliations, la recherche incessante de la nourriture, et surtout la peur d’être tuée par les nazis ou par les maladies. Effroyables souvenirs du quotidien de l’enfer, avant la marche de la mort. Continuer la lecture de Le quotidien de l’horreur

Une vie heureuse avant la mort

Sara LICHTSZTEJN-Montard, 77 ans, a été déportée avec sa mère, à Auschwitz-Birkenau, le 24 mai 1944, à l’âge de 16 ans. Libérée du camp de Bergen-Belsen le 15 avril 1945, elle met plusieurs décennies à rompre le silence qui entoure sa détention. Aujourd’hui, elle témoigne dans les écoles pour transmettre la mémoire de la Shoah, lutter contre l’oubli, dépasser les préjugés idiots. Avant de nous accompagner à Auschwitz, elle a accepté de nous parler de ses parents, sa famille, sa vie avant la déportation. Une enfance heureuse, insouciante mais une enfance marquée par l’antisémitisme, la xénophobie simpliste et l’exclusion mortifiante. Une vie. Continuer la lecture de Une vie heureuse avant la mort

Concurrence mémorielle

Les Noirs ont également compté parmi les victimes de la déportation, mais l’évocation de ce thème, ou plutôt son absence d’évocation, amorce le délicat problème de la concurrence entre les victimes de l’Holocauste. Concurrence morbide qui s’est instaurée au fil des années et qui ne fait que renforcer les luttes entre les communautés. Maltraités, humiliés, assassinés, les prisonniers noirs le furent indubitablement. Pourtant, le meurtre des déportés de couleur par les nazis ne fit pas partie, comme pour les Juifs ou les Tziganes, d’une logique d’extermination de masse. Continuer la lecture de Concurrence mémorielle

Un muet désespoir

Déporté à Auschwitz avec sa famille, en mars 1944, il est revenu des camps, avec seulement une de ses deux sœurs. André Kahn, à l’instar de Chimène dans Le Cid qui cherche « le silence et la nuit pour pleurer » éprouve des difficultés à raconter son expérience à ses proches. Préférant témoigner devant des gens qu’il ne connaît pas et dont il sait ne pas pouvoir les blesser. Il y a peu, il a ouvert une brèche dans son mutisme en acceptant d’accompagner ses enfants et petits-enfants à Auschwitz-Birkenau. C’était au mois d’août dernier. C’est à cette occasion que nous l’avons rencontré, alors que nous interviewions Sara à l’ombre de la porte du camp d’Auschwitz I. Continuer la lecture de Un muet désespoir

 » Ne cherchez pas la logique, ici… »

Lorsque le quidam lambda, fraîchement débarqué de l’aéroport Jean-Paul II de Cracovie – avec béret et baguette de pain tout de go – veut visiter le camp d’Auschwitz Birkenau, deux solutions se présentent à lui. La première est de déambuler seul, le long des baraquements, de pouffer nerveusement devant un alignement austère de latrines, de se faire photographier devant un mirador ou de se recueillir humble et silencieux. La seconde solution s’appelle Térésa Wrona. Guide francophone au musée, elle assure les visites d’étude depuis maintenant 9 ans. Continuer la lecture de  » Ne cherchez pas la logique, ici… »

Le chant des cignes

C’est au « Café de la Danse » – une ancienne usine transformée en salle de spectacle au milieu des bars tapas branchés du quartier Bastille – que nous avons rencontré, pour la première fois, Sara. Elle jouait dans une pièce de théâtre intitulée Les Jonas et la Baleine, une libre transposition du récit biblique du (presque) même nom. Une métaphore scénique de l’oppression nazie à l’encontre du peuple juif. Un hymne à la tolérance et à la dignité face à l’asservissement et à l’oubli. Le tout était joué en yiddish, sous titré français, pour les novices. Continuer la lecture de Le chant des cignes

Bien plus qu’un musée

Perdu au cœur de la Pologne, la ville d’Oswiecim attire des visiteurs du monde entier, venus se recueillir dans le plus grand des camps de concentration. Auschwitz, camp principal, est suppléé par deux annexes : Birkenau et Monowice (qui a aujourd’hui disparu). Eléments historiques, ils ne sont pas que des vestiges car le souvenir passe par la conservation du site. L’occasion pour nous de voir comment il nous permet de ressentir la déportation. Continuer la lecture de Bien plus qu’un musée

La vie brisée des Bigelaejzen : les archives parlent

Trois épais dossiers. Voilà ce qu’il reste aux archives départementales de l’Yonne des six rafles de déportation qui ont conduit à Auschwitz environ 150 résidents de ce département. Ces documents sont les seules traces de la famille Bigelaejzen, arrêtée en mars 1944. Parmi eux, une lettre particulièrement émouvante adressée au préfet de l’Yonne, comme un derniers recours. Peine perdue : deux jours après l’avoir écrite, la famille est conduite à Drancy. Reconstitution d’un destin brisé aux portes d’Auschwitz. Continuer la lecture de La vie brisée des Bigelaejzen : les archives parlent