Avortement : une loi qui fait débat

Même si l’Inde reste très traditionaliste, l’avortement y est autorisé, dans des conditions assez larges pour tenir compte à la fois des intérêts de la mère et de ceux de l’enfant. Des modalités qui peuvent être discutées : en effet, on n’a pas la même conception de la vie selon sa religion ou son milieu social…

Depuis 1971 et sous certaines conditions, la loi autorise l’avortement avant 20 semaines de grossesse. Ainsi l’IVG peut être autorisée pour des raisons de santé : si la mère est en danger de mort, s’il y a un risque pour sa santé physique et mentale ou si le bébé est gravement handicapé ou atteint du sida. La loi mentionne également qu’en cas d’inceste, de viol ou de rupture de préservatif, la mère peut avorter. Des cas qui n’engagent pas sa responsabilité. Car, comme le signale Armin Jamshedji Neogi, femme médecin du planning familial de Mumbai, « il s’agit de responsabiliser les personnes. »
Pour Neenaz, un jeune Jaïn (une branche de l’hindouisme caractérisée par la croyance en la réincarnation), un avortement n’est pas acceptable, même si l’enfant à naître est gravement handicapé. « Je crois au respect de la vie. Même si le bébé souffre d’un handicap ou d’une maladie, il a le droit de vivre, et nous ne pouvons pas lui enlever la vie. »
La loi autorise également l’avortement pour des raisons « économiques et sociales », c’est-à-dire si la mère n’est pas en mesure d’élever l’enfant. Shania, une jeune femme de 24 ans, s’élève contre ce principe : « Je pense que l’on ne doit pas faire quelque chose qui entraîne une grossesse si l’on sait que l’on n’est pas capable d’assumer cette responsabilité. Il ne faut pas que le recours à l’avortement soit le résultat d’un simple amusement ! » En revanche, elle comprend les parents qui souhaitent avorter d’un enfant malade « Dans ce cas, il est mieux que l’enfant ne vienne pas au monde pour souffrir ».
Accepter qu’un enfant souffre au nom de la vie, ou refuser de lui donner une chance ? Le débat est mondial. Mais la politique indienne sur l’avortement est parfois jugée trop laxiste, comme pour le portail d’informations www.zeelearn.com qui signale que « l’avortement est considéré comme une méthode de planification familiale », comme une solution au problème de pression démographique.