Avant-première interactive au cinéma Axel !

P1290048 (Copier) Mardi 24 septembre, une avant-première originale au cinéma Axel de Chalon-sur-Saône ! Le film documentaire allemand « Ne m’oublie pas » de David Sieveking, a été diffusé en VOSTFR, suivie d’une retransmission en direct d’un débat qui s’est déroulé en direct du MK2 Bibliothèque à Paris. Seulement une quinzaine de personnes étaient présentes.

 

La sortie est prévue en France ce mercredi 25 septembre. Déjà apprécié des pays Scandinaves, en Suisse, aux Pays-Bas, et déjà 100 000 spectateurs en Allemagne « Le 

Ne m'oublie pas- axelfilm reçoit un accueil inattendu et extraordinaire à chaque diffusion » déclare David Sieveking, réalisateur.

La particularité de cette diffusion était dans le débat qui suivait le film. En effet, le débat avec le réalisateur n’était pas dans la salle, mais sur Twitter, affiché sur l’écran de cinéma ! Ainsi, les spectateurs pouvaient poser leurs questions (retransmises par une personne à leur disposition dans la salle ou émises directement par leur Smartphone) en direct, par le biais de cette interactivité ! De nombreux tweets ont été laissés « Film merveilleux, fantastique, émouvant, etc. ». De nombreuses villes recevaient le débat : Mâcon, Le Puy-en-Velay, Orléans, Brest, Strasbourg…

Le film évoque l’évolution et les problèmes dus à la maladie d’Alzheimer. Le réalisateur dédie ce film à sa mère « atteinte de la maladie, mais qui a toujours eu de l’humour », confie-t-il. Ce pourquoi le film a été réalisé en documentaire avec les parents du réalisateur : Gretel et Malte et lui-même. L’histoire se déroule non loin de Hambourg, les symptômes de la maladie se révèlent le soir d’un réveillon de Noël, David décide de filmer sa mère avec la maladie et de soutenir son père.

« Beaucoup de personnes étaient réticentes à voir un film sur Alzheimer, mais tous ont eu une grande surprise en le regardant… ils ont trouvé le film très drôle ! » confie le réalisateur.

David Sieveking : « C’est un documentaire, tout ce qu’il y a de plus réel »

David Sieveking au MK2 Bibliothèque à Paris
David Sieveking au MK2 Bibliothèque à Paris

Le débat a permis au réalisateur d’expliquer son film, mais également à l’association France Ailzhemer, présidée par Marie-Odile Desena, de discuter autour de la maladie.

« L’apparition des signes de la maladie s’est étalée dans le temps. Quand le diagnostic est apparu, on était heureux de donner un nom sur le mal en question et de savoir qu’il était irréversible et tirer le meilleur de la situation. Je cherchais une situation qui permettait de passer un maximum de temps avec mère et qui pouvait soulager mon père. J’ai donc voulu tourner ce film. On a mis 200h sur 1 an et demi, mais cela ne représentait que 60 jours, car je voulais que le tournage soit bénéfique pour ma mère et ne pas la fatiguer… On s’est vite rendu compte qu’il avait une vertu thérapeutique. L’enjeu était moral et éthique, je me rendais compte qu’elle était heureuse en me voyant » déclare David Sieveking.

Marie-Odile Desena explique : « Notre association à 3 buts : apporter du soutien aux familles et aux malades, aider la recherche et participer à la formation. J’ai apprécié la sobriété du film, la douceur, la tendresse et la justesse qui s’en dégage ». Elle ajoute : « Gretel se rappelle des moments du passé dans le film, c’est normal dans la maladie, elle touche seulement la mémoire à court terme… ».

« Le documentaire est réel, mais c’est certain que moi et l’équipe de tournage avons eu une influence sur le comportement de ma mère. D’ailleurs, mon père m’a confié que pendant le tournage, il essayait toujours de se mettre à son avantage », affirme le réalisateur. En ce qui concerne une question d’un internaute concernant le coût d’accompagnement d’un malade, il ajoute : « C’est une question que l’on se pose dans le film. On a voulu savoir si elle se plairait dans une maison de retraite, mais pour 4000 euros par mois, ce n’était pas viable, ce pour quoi nous avons opté (en passant une agence) pour des personnes venant des pays de l’Est qui viennent s’occuper des malades à domicile pour 1700 euros par mois, quasiment à temps plein ».

35 millions de personnes dans le monde souffrent d’Alzheimer, 850 000 en France

En effet, les coûts de placement des malades dans des structures d’hébergement sont un réel problème pour leur famille. En France, il faut compter en moyenne 3000 euros par mois. D’après des études, 1000 euros seraient à la charge de la famille.

Quant au père de David, suite au décès de Gretel, le réalisateur confie : « Il s’est rendu compte qu’il aurait dû reconnaître avant qu’il avait besoin d’aide au lieu de tout faire par lui-même comme un héros…Mon père a connu une période de grande dépression après la mort de ma mère à tel point qu’il a envisagé de vivre chez nous (ses enfants)… Aujourd’hui, il a rencontré une femme et a retrouvé goût à la vie ».

Des gestes de tendresse entre Gretel et Malte sont échangés durant le film, ce qui n’était jamais arrivé auparavant à ce couple indépendant (aux aventures extraconjugales variées). David Sieveking confie : « Je pense que c’est le miracle du film ! Je pensais faire un film triste, mais en réalité c’est devenu un film d’amour ! La seule tristesse que j’ai eue est que le tournage n’ait pas duré assez longtemps. Nous avons été plus unis, plus proches que jamais dans notre expérience de famille ».

 

Pour plus d’informations sur l’association France Alzheimer et la maladie, consulter : http://www.francealzheimer.org/