Audiovisuel : vers la libéralisation

« Nous n’exerçons pas une activité de censure », déclare Talaa Assoud Alatlassi, directeur du Département Suivi des Programmes de la HACA (Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle). Cette institution est le fruit d’un dahir (décret du roi du Maroc) exigeant la création d’une autorité neutre et impartiale pour accompagner le développement des radios et télévisions privés et garantir la pluralité. Portrait d’un paysage audiovisuel en pleine mutation.

« L’attribution des licences est la seconde fonction de la HACA », explique Talaa Assoud Atlassi. Pour espérer décrocher une licence, les particuliers doivent avant tout présenter la preuve que leur projet est économiquement viable, mais aussi faire preuve d’originalité et avoir une ligne éditoriale qui ne fasse pas doublon avec un autre support.
« L’attribution des licences est la seconde fonction de la HACA », explique Talaa Assoud Atlassi. Pour espérer décrocher une licence, les particuliers doivent avant tout présenter la preuve que leur projet est économiquement viable, mais aussi faire preuve d’originalité et avoir une ligne éditoriale qui ne fasse pas doublon avec un autre support.

« Nous agissons toujours en amont », affirme Talaa Assoud Atlassi, directeur du Département Suivi des Programmes de la HACA (Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle). Son institution fixe les règles à respecter en matière de protection de l’enfance, d’image de la femme et de pluralisme. « Si un support enfreint les décisions, nous lui adressons une recommandation, décrit l’ancien journaliste. Mais en aucun cas nous ne censurons le programme avant sa diffusion. »

« L’attribution des licences est la seconde fonction de la HACA », explique Talaa Assoud Atlassi. Pour espérer décrocher une licence, les particuliers doivent avant tout présenter la preuve que leur projet est économiquement viable, mais aussi faire preuve d’originalité et avoir une ligne éditoriale qui ne fasse pas doublon avec un autre support.

La fin d’un monopole étatique

Avec le Dahir nº 1-02-212, Le Roi a mis fin en 2004 au monopole étatique dans le secteur de l’audiovisuel ouvrant les ondes hertziennes aux radios et télévisions privées. « Il reste encore un pôle public regroupant deux chaînes de télévision (TVM et 2M) et trois radios (la radio nationale en arabe, radio inter en français et radio amazir en langue berbère), informe Chafik Laabi, responsable de l’Unité Pluralisme du Département Suivi des Programmes. Actuellement, il dépend du ministère des Finances, mais nous espérons que, d’ici dix ans, il soit autonome grâce à la publicité. » Financées par l’argent du contribuable, les chaînes de ce pôle ont l’obligation de diffuser les messages d’intérêt public, mais aussi de couvrir les actions menées par le Roi et le gouvernement.

« Nous n’avons pas encore d’émissions de téléréalité, rigole Chafik Laabi, responsable de l’Unité Pluralisme du Département Suivi des Programmes. Mais qui sait ? Un jour peut-être… »
« Nous n’avons pas encore d’émissions de téléréalité, rigole Chafik Laabi, responsable de l’Unité Pluralisme du Département Suivi des Programmes. Mais qui sait ? Un jour peut-être… »

Du côté du privé, nombreux sont les prétendants à la conquête d’un paysage audiovisuel pratiquement vierge. « Il y a eu une première vague d’acquisition de licences, raconte Chafik Laabi. Une deuxième devrait bientôt suivre. » Ce sont principalement des licences pour de grosses radios locales presque régionales. Deux nouvelles chaînes télévisées ont également vu le jour : Araber, à but éducatif, et une télévision satellitaire généraliste. « Les gens se sentent plus aptes à témoigner auprès de ces radios de proximité, décrit Chafik Laabi. Les tabous ont ainsi été repoussés. On parle de sexe, d’homosexualité, etc. Parfois, nous avons été obligés d’intervenir parce qu’il y a eu des dérapages, mais jamais à cause du sujet. »

Le secteur télévisé, lui, est encore assez « jeune ». Peu de téléfilms sont réalisés au Maroc ; la plupart sont importés d’Égypte. Il en est de même pour les séries qui viennent toutes de l’étranger. Cependant, la télévision marocaine se démarque par une émission où un concours a lieu entre plusieurs mariages, le plus réussi étant payé par la chaîne. « Nous n’avons pas encore d’émissions de téléréalité, rigole Chafik Laabi. Mais qui sait ? Un jour peut-être… »