Allègre persiste et signe

L’ancien ministre de l’Education Claude Allègre n’a pu résister à l’envie de venir faire un tour sur le salon. Ce ne sont pourtant pas ses gardes du corps qui l’accompagnaient cette fois, mais sa fille Catherine avec qui il vient de sortir un livre  » Vive l’école libre ! « .

Depuis qu’il a quitté le gouvernement, il est devenu écrivain et fervent critique de l’Education nationale. Dans son ouvrage, il met principalement en avant les problèmes qui y règnent. Il présente les visions de ce qui se passe en haut de la pyramide hiérarchique (soit à son niveau) et les compare à ce qui se passe en bas (soit au niveau des enseignants).  » Un enseignant n’a aucune idée de ce qu’est réellement l’éducation nationale, il la connaît dans sa vie quotidienne mais n’a pas une vision de l’ensemble des choses  » explique t-il. L’esprit de ce livre est donc d’aborder l’enseignement au travers de deux visions différentes : celle de sa fille, professeur d’histoire, et la sienne.  » Sur certains sujets on est d’accord, sur d’autres, beaucoup moins. Et on n’a pas cherché à l’être  » ajoute Claude Allègre. Ainsi, l’ex-ministre de l’Education estime qu’un examen d’entrée en sixième est nécessaire, alors que sa fille soutient une position radicalement opposée.
 » Le titre est un titre de reconquête « . L’école doit être celle de la République, pourtant les termes  » égalité, fraternité et liberté  » ne se prêtent plus à sa définition. Il veut décentraliser les écoles, donner plus de libertés aux professeurs dans leur manière d’enseigner. Allègre est d’avis d’adopter la stratégie des  » trois tiers « , c’est à dire d’avoir un tiers des programmes scolaires fixes, un tiers qui serait renouvelé tous les ans et un tiers laissé à la disposition des profs.
Dans les établissements, il y a un triangle d’opposition entre le proviseur et les enseignants, entre les enseignants et les élèves, et entre les élèves et le proviseur. Il faut donc qu’il y ait plus de communication dans les établissements et dans l’enseignement en général. L’instauration du CVL (conseil de la vie lycéenne) est une première étape, mais il faudrait la même structure pour les profs, un conseil pédagogique, pour qu’ils puissent eux aussi discuter entre eux de la vie lycéenne.  » Il faut donner à chacun les moyens de s’exprimer  » ajoute Claude Allègre.
Dans son livre, il expose des propositions et une analyse historique de l’éducation. Comme quoi, le fait qu’il ait quitté le ministère de l’Education lui a donné plein de bonnes idées.