Aider intelligemment

« Nous ne voulons pas donner purement et simplement, mais faire réagir les gens pour leur propre bien ». Depuis 1986, l’organisation non gouvernementale (ONG) Via Sahel s’attache aux problèmes majeurs du Mali, en dotant les villages de puits, d’écoles et de dispensaires médicaux, et en apportant une aide alimentaire. Basée à Sangha, cette ONG malienne, en grande partie financée par des dons français, opère essentiellement dans le pays Dogon.

Le seul mot d’ordre de l’association est d’aider intelligemment en faisant participer activement les habitants concernés. « La population nous fournit la main d’œuvre et nous apportons l’argent. Par exemple, pour les puits nous demandons la participation de douze jeunes par jour, aidés de deux puisatiers que nous rémunérons », explique Alain Vallet, militant à Via Sahel depuis 14 ans. L’ONG se bat également pour que les populations Dogon disposent d’une alimentation équilibrée. Elle a permis la vente de mil à prix subventionné lors de la famine de 2003 et elle alphabétise les femmes pour qu’elles puissent gérer l’argent des micro-crédits proposés par Via Sahel. « Très vite, nous avons remarqué que la population s’impliquait bien plus que ce que nous attendions. A chaque puits que nous faisions creuser ce n’était pas douze jeunes qui venaient nous aider, mais tout le village et chaque puits fini engendrait une fête dans plusieurs villages » observe Melik Fourcade, jeune étudiant français qui effectue un stage de six mois au service de l’ONG.
« La population acquiert, par l’aide qu’elle fournit, un savoir qui peut lui servir dans le futur », souligne M. Vallet. Aidée par huit associations françaises, entre autre de Toulouse et Paris, Via Sahel récolte plus de 60 000 € par an. « Chaque association se débrouille pour nous envoyer des fonds en organisant des concerts, des portes ouvertes où l’on peut acheter toutes sortes d’objets du pays Dogon, et d’autres manifestations comme les soirées dansantes » confie Alain Vallet. Grâce à ces fonds, 42 puits ont déjà été creusés, un hôpital muni d’un bloc opératoire a été créé à Sangha, 18 classes ont été ouvertes et quatre postes d’enseignants ont vu le jour.
« Nous possédons aussi plusieurs dépôts de médicaments que nous vendons sur prescription médicale » précise M. Vallet.  « C’est toute une population qui commence à se prendre en main et, qui sait, peut-être sera-t-elle un jour autonome ? »