Ahmed Tandjaoui, bouillon de culture

Après quarante années passées en France, Ahmed Tandjaoui explique son parcours dans le monde de la culture qu’il côtoie depuis ses 14 ans. Parmi les créateurs de la « Fête de la musique » en France et de « Musique Ado », il est aujourd’hui le directeur des festivals de Marrakech et met tout en œuvre pour concilier culture traditionnelle et moderne.

Si aujourd’hui Ahmed Tandjaoui est le directeur respecté des festivals de Marrakech, il a connu un parcours sinueux avant d’occuper cette place enviée.

Ahmed Tandjaoui a été secrétaire général des Jeunesses Musicales Françaises, et l’un des instigateurs de « Musique Ado ». En 1981, il crée la « Fête de la musique » avec Jack Lang. Il est aujourd’hui le directeur des festivals de Marrakech et met tout en œuvre pour concilier culture traditionnelle et moderne.« Je travaille pour l’amour de l’art, de mon pays et de la culture, pas pour l’argent !
Ahmed Tandjaoui a été secrétaire général des Jeunesses Musicales Françaises, et l’un des instigateurs de « Musique Ado ». En 1981, il crée la « Fête de la musique » avec Jack Lang. Il est aujourd’hui le directeur des festivals de Marrakech et met tout en œuvre pour concilier culture traditionnelle et moderne.« Je travaille pour l’amour de l’art, de mon pays et de la culture, pas pour l’argent !

C’est dès 14 ans que ce Marocain quitte son pays, refusant le système de vie que son père veut lui imposer. Il part pour la France et étudie au conservatoire pour finalement décrocher une licence en musicologie. Il devient ensuite secrétaire général des Jeunesses Musicales Françaises, et l’un des instigateurs de « Musique Ado ». En 1981, il crée la « Fête de la musique » avec Jack Lang.

« Après cela, on a eu des problèmes financiers aux Jeunesses Musicales, la boîte a fait faillite et est passée en redressement judiciaire. On m’a alors dit que la culture et l’argent n’allaient pas ensemble. J’ai donc quitté volontairement les jeunesses musicales… » raconte, encore choqué de cette déclaration, ce quinquagénaire passionné de culture. Et d’ajouter, avec ferveur « Je travaille pour l’amour de l’art, de mon pays et de la culture, pas pour l’argent ! »

Contacté ensuite par un chasseur de têtes de Doubaï, recherchant « une personne d’origine arabe » pour organiser un spectacle à la Ménara de Marrakech, il repart alors pour son pays natal. Après deux ans passés à ce poste, deux ans à « alimenter tous les jours ce show » à la Ménara, il décide d’accepter une offre lui proposant de « monter un des plus gros shows de Doubaï. Un show sur l’histoire de ce port. Un show ludique et spectaculaire… ». Après cette expérience, il retourne à Marrakech et obtient sans mal le poste de directeur de la fondation des festivals de Marrakech.

« Je suis à ce poste pour restructurer les festivals et leur donner, pour certains, une portée internationale. Je tente aussi de créer de nouveaux festivals, sans pour autant dénigrer ceux qui existent déjà… Il y a le Maroc d’avant, que j’adore et qu’il faut préserver, car il est le pilier de notre pays, mais aussi le Maroc actuel. Il faut concilier et fusionner ces deux Maroc », scande haut et fort M. Tandjaoui, entre deux bouffées de cigarette.

M. Tandjaoui veut mêler tradition et modernité dans les festivals, accueillant des artistes variés. « On est au XXIsiècle, il faut briser les frontières ! Si je rencontre un artiste qui a un talent, qui est sérieux et travailleur, je l’aide ! »

Ahmed Tandjaoui avoue le plaisir qu’il a d’avoir son bureau au théâtre royal de MarrakechAhmed Tandjaoui avoue le plaisir qu’il a d’avoir son bureau au théâtre royal de Marrakech, même si « où qu’on soit, dans un château, un studio ou un appartement, le travail se fait de la même manière ». « Travailler dans un lieu où de nouvelles expositions, de nouvelles activités se mettent en place chaque instant, ça donne le moral », remarque-t-il.

Son prochain projet ? Créer un festival international de jazz avec « une portée aussi grande que le festival de Montreux ». Car pour cet amoureux de la culture marocaine il ne doit y avoir « aucune discrimination dans l’art ».