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A tous les Jean

Patrice de Bénédetti présente Jean solo pour monument aux morts, son spectacle de danse et de manipulation d’objet. Un hommage à son père, à Jean Jaurès et aux morts de la première guerre mondiale.
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jeanL’artiste arrive devant le monument aux morts, boitant, béquille dans une main, l’autre est couverte d’un gant sur lequel est représentée une main de squelette. Portant le survêtement de la légion actuelle. Sa démarche désarticulée prépare le public à l’ambiance générale du spectacle. Le personnage s’appelle Léon, il installe plusieurs objets à même le sol. Des objets symboliques, des pommes, une pelle et un sceau, un casque de soldat, une béquille, des bouteilles de vins. Il installe également une enceinte, qui fera office de voix off.

jean-8La danse débute en même temps que le son de la voix, ses mouvements sont inspirés d’une pratique japonaise appelé Buto, qui est assez proche de la transe et permet une déshumanisation du corps. La voix, elle, raconte l’histoire de Jean, partisan des idées de Jaurès et homme engagé et charismatique de la classe prolétaire. Le texte narré par Léon, son fils, décrit avec force les pensées de Jean vis-à-vis des monstruosités de la guerre. Il parle de son engagement au sein du syndicat des ouvriers. Durant la représentation les pommes deviennent tantôt des obus, tantôt des soldats ensanglantés. Rythmé par une danse croulante, le spectateur assiste à une réalité qui fait mal. Celle du combat de millier d’hommes et de femmes, luttant contre Joffre et autres grands commanditaires de la première guerre mondiale.

jean-4Mais derrière Jean, le père de Léon, il y a surtout Jean, le père de Patrice de Benedetti. L’artiste avait pour but de faire un spectacle à la fois historique et personnel. A la fin de spectacle il confie à son public une partie de son histoire. Son père, Jean de Bénédetti était fusilier dans la marine commando durant la première guerre mondiale. A la sortie de la guerre il est devenu délégué CGT dans un cinéma. Il n’a donc jamais quitté le milieu syndicaliste. Au cours de sa vie il a confié à son fils une cassette de Desproges, un livre de Léo Ferré et un dernier Jean Jaurès. Durant 20 années Patrice est parti à la recherche du message qu’il essayé de lui faire passer via ces œuvres. Peu avant sa mort, son père lui a lancé « ça ferait un bon spectacle, non ? ». Ce fut le déclic pour son fils qui s’est lancé dans la conception du spectacle « Jean ».

jean-11Le spectacle se termine d’ailleurs par un « Merci papa ». Quand il se tait, les applaudissements fusent. Les visages sont marqués par l’émotion. J’ai moi-même du mal à retenir mes larmes face à cet artiste passionné, qui a décidé de faire revivre les convictions profondes de son père.

 

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