3 questions à… Arnaud Danjean

Arnaud Danjean, présidant la sous-commission sécurité - Parlement de Bruxelles - novembre 2011 - TypoArnaud Danjean, député européen, président de la sous-commission sécurité et défense du Parlement européen, apporte son avis concernant la prise d’otage sur le site gazier algérien où plusieurs morts sont à déplorés après l’assaut mené par l’armée algérienne et sur l’intervention militaire au Mali. (Propos recueillis ce vendredi 18 janvier à 15h15 (exclusif)

Quel regard portez-vous sur l’intervention militaire française au Mali ?

L’intervention militaire était inévitable et légitime. Inévitable, car l’offensive surprise des islamistes vers le sud du Mali menaçait de déstabiliser toute la région. Légitime, car il s’agissait d’une agression caractérisée et que l’ONU avait déjà pris deux résolutions autorisant l’usage de la force pour combattre ces groupes terroristes.
Cela étant, une chose est de répondre à une situation d’urgence, une autre est de définir une stratégie pour la suite des opérations. Jusqu’où doit-on et peut-on aller militairement ? Ces questions n’ont pas encore de réponse

Comme souligné par Jean-François Copé ce mercredi 16 à l’Assemblée nationale, pensez-vous que le gouvernement a mis trop de temps avant de prendre sa décision et aurait pu, au regard de la situation, intervenir plus vite aux côtés de l’armée malienne ?

Je ne pense pas que cela soit le reproche formule par l’opposition, car il y a consensus sur le fait que la France se devait d’intervenir face à l’offensive islamiste. Les questions portent d’une part sur le fait que nous (mais cela vaut autant pour les autres pays européens que pour la France) avons été pris par surprise par ces événements, d’autre part sur la stratégie désormais à suivre. La France seule ne pourra pas reconquérir le nord du Mali, et un engagement terrestre massif n’est pas souhaitable.

Enfin, concernant la prise d’otage sur le site gazier par le commando djihadiste, quel regard portez-vous sur l’intervention rapide et musclée de l’armée algérienne ?
Ce n’est pas une surprise, les autorités algériennes ont toujours répondu ainsi aux prises d’otages. Si la négociation n’est sans doute pas une option, il n’empêche que le déclenchement de l’opération militaire contre les preneurs d’otages ne semble pas avoir été préparé en concertation avec les pays occidentaux concernés (France, Royaume-Uni, États-Unis, Japon, Norvège…). La méthode forte était sans doute inévitable, mais elle semble avoir été excessivement rapide et sans information ni concertation. D’où la tragique confusion a l’heure même où nous parlons…